• Tanzanie (partie 1)

    Les formalités sont rapidement expédiées. Il faut toutefois justifier de notre vaccination contre la fièvre jaune. On sort de la ville en quelques coups de pédales pour entrer dans le bush. C’est incroyable comme le décor devient aride au fur et à mesure des kilomètres. Les points d’eau sont devenus des cratères vides, les rivières ne sont plus que des canyons asséchés, et la terre rouge vole au vent. Plus un pouce d’herbe verte mais des acacias. Uniquement.

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    Le nord de la Tanzanie, c’est le territoire des Massaïs. La plupart de ceux que l’on voit depuis la route sont des « petits Massaïs », à peine plus haut que les chèvres qu’ils surveillent. Pas d’école aujourd’hui. Ou pas d’école tout court ?

    Pas d’école donc mais quelques rudiments d’anglais. Le « Give me money » nous est lancé par beaucoup (trop) de gamins depuis le début de la journée.

    Du bush, du bush et encore du bush sur un fond de volcan et de grande lignes droites. Et on aime ça.

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    On regarde à droite et à gauche, on dresse l’oreille à la recherche d’animaux. On voit des dik-diks, de petites antilopes, quelques gazelles, des fouines (ou apparentées, on n’est pas spécialiste !), une hyène qui avait vu un 4×4 (trop tard visiblement), et en fin de journée : des girafes !

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    De part et d’autre de la route, mâles, femelles, jeunes, vieilles, petites et grandes. Un peu craintives mais c’est presque mieux puisque qu’on les verra partir au galop. Et quand il s’agit d’un animal de plus de 5 mètres ça vaut le coup d’œil !

    Les automobilistes ne semblent pas aussi fascinés que nous par le spectacle. Lancés à toute allure ils klaxonnent depuis un moment (ça se voit de loin une girafe qui traverse la route) pour que les mammifères s’écartent du chemin.

    La lumière déclinant on se met à la recherche d’un couchage. La vue de la hyène, même morte, ne nous a pas vraiment donné envie de nous isoler dans le bush. On repère un village un peu éloigné de la route et on essaye de se frayer un chemin jusqu’aux maisons au milieu des acacias et de leurs épines qui font bien souvent la taille d’un doigt.

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    Un des pasteurs de l’église voisine nous invite à installer notre tente chez lui. Le village est clôturé par des branches d’acacias. On y entre par une brèche entre 2 troncs d’arbres incurvés en guise de porte pour déboucher sur un espace vide, ou plus exactement jonché de bouses. C’est ici qu’est parqué le bétail pour la nuit. Les maisons sont construites tout autour de cet espace. Chaque famille loge dans plusieurs huttes en fonction du nombres d’individus et surtout du nombre de femmes, les Massaïs étant polygames. Les huttes mesurent 3 à 4 mètres de diamètres. Le quartier de notre hôte se compose de 2 grandes maisons un peu ovales, d’une « hutte cuisine », plus petite avec un foyer au sol entre 4 pierres et un lit sur des branches, puis d’une dernière construction pour les toilettes.

    Une fois installés on nous propose de venir manger de la viande, mais ce soir on se dit végétariens ! On a certainement raté une soirée particulière mais ça fait trop longtemps qu’on mange des morceaux de viande durs et gras, d’origine inconnue après avoir accepté des invitations malheureuses.

    Et puis côté hygiène, disons que l’on est pas franchement convaincu. Il y a des mouches partout à cause des animaux. Les habitants ne prennent même plus la peine de les chasser de leur visage.

    Le régime alimentaire des Massaïs est plutôt limité : sang, lait et viande. Ils peuvent boire le sang d’une vache directement à la jugulaire puis pincer la plaie pour qu’elle cicatrise. Ils peuvent aussi mélanger le lait et le sang, mais quand ils mangent de la viande ils ne consomment pas de lait. Les rares légumes ingérés le sont en bouillon.

    Deux guerriers viennent nous cueillir au réveil et souhaitent être pris en photo. On comprend qu’ils viennent de loin. Bizarre.

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    Après la photo de groupe, nos hôtes nous guident jusqu’à ce que l’on retrouve la piste. On se salue et l’un d’eux nous demande notre adresse email !

    photo 6Quelques minutes plus tôt, un jeune Massaï demande à Anais de faire un selfie. Alors il y a soit quelques entorses au mode de vie traditionnel, soit les Massaïs étaient franchement en avance !

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    photo 9On contourne le mont Meru par l’ouest avec un vent violent en pleine face avant d’atteindre Arusha. En remontant sur les flancs du volcan, le décor se métamorphose. L’herbe est plus haute, plus verte, on retrouve des cultures. Il suffit de tourner la tête pour revoir en contre-bas la plaine désertique. Cette révolution s’est opérée en 10 minutes de vélo !

    Avec ses 4562m, et rien ou presque autour de lui, le mont Meru aspire les nuages des environs et génère un microclimat sur ses flans. Arusha est ainsi une ville verdoyante, traversée par plusieurs rivières. On file directement chez Bram et Lora, 2 warmshowers qui ont bien voulu nous offrir le gîte.

    Les parents d’Anais devant nous rejoindre pour un safari le 9 juin, ça nous laisse 3 jours pleins pour nous remettre à jour sur le site, répondre aux emails, réparer les vélos, etc.

    Mais on a eu une journée sans électricité et une journée à l’hôpital, Anais ayant d’importants maux de têtes persistants. Les examens sanguins n’ayant rien révélés, ils ont conseillé de forcer la dose sur les antidouleurs.

    Des embrassades, des cadeaux, des victuailles françaises (un grand MERCI aux amis et à la famille), une nuit courte et c’est le début du safari.

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    Au programme, la Lac Natron, le parc du Serengeti, le cratère Ngorongoro et le parc Tarangire.

    Et bien on vous le conseille ! (les photos du safaris ici)

    Après 1 semaine passée ensemble et dans le confort des lodges, le retour à la réalité n’est pas évident. Encore moins quand 2 heures après le départ la chaine d’Anais casse et désaxe le dérailleur avant. Après une réparation de fortune, on décide de remonter sur Arusha. Heureusement Bram et Lora nous accueillent une nouvelle fois (merci encore !). Sur les conseils de Bram on se rend dans son club de vélo pour les réparations.

    Il est presque 16h quand nous sommes enfin prêts pour reprendre la route. Juste le temps de parcourir 25km et de nous trouver une école primaire pour la nuit. La cour dispose d’un robinet autour duquel patientent femmes, enfants et des dizaines de seaux. Le robinet n’offre qu’un mince filet d’eau dans ses bons moments. Autrement il faut se contenter d’un goutte à goutte quand il n’est pas tout bonnement à sec. Un seau de 20l peut ainsi nécessiter plus de 30 minutes pour se remplir. Et au regard du nombre de seaux autour du puit, il semble que ce soit le seul point d’eau des environs.

    Alors que l’on se réapprovisionne vers 15 heures, un grand gaillard nous accoste. Il s’appelle Kelly, est américain, et vit dans le coin avec sa femme Ven. Ils attendent 2 cyclos hollandais, rencontrés en Ouganda quelques mois auparavant. On comprend rapidement qu’il s’agit du même couple qu’on a rencontré à Arusha la veille et Kelly nous propose de passer la soirée chez eux.

    Kelly ne fait pas de vélo, car si cela avait été le cas, il n’aurait pas dit qu’il vivait « dans le coin ». Pas après 8km de route et 7km de piste Poussiéreuse (vue la quantité de poussière on peut bien l’écrire avec une majuscule) quand elle n’est pas boueuse. Et après une dernière côte au milieu des champs de maïs, « here we are » !

    La maison est neuve et d’étranges structures pendent du toit. Kelly nous explique qu’il espère que cela effrayera les oiseaux et en particulier les toucans. En effet, et malgré les mises en garde de Kelly, les ouvriers ont posé des fenêtres miroir ce qui a le don d’exaspérer le toucan. Ce dernier, quand il est face à son reflet attaque les carreaux avec son bec. Il ne reste qu’une vitre sur deux chez les voisins.

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    Si les sculptures chamaniques sont un succès, Kelly compte bien s’attaquer à l’autre problème : le « hammer horn bill ». Il s’agit toujours d’un toucan mais de la taille d’une cigogne qui prend un malin plaisir à taper comme un sourd sur le toit des maisons, quand il ne s’entraine pas sur des parebrises de voiture. Pour l’avoir vu à l’œuvre c’est plutôt impressionnant. Notre hôte espère sincèrement que ses curieux épouvantails suffiront puisque les riverains exaspérés ont décidé de tirer sur les oiseaux. Sur les 9 des environs il n’en reste plus que 2.

    Kelly et Ven vivent sur les flancs du Kilimandjaro et sont professeurs volontaires depuis bientôt deux ans dans une école que l’on aperçoit depuis le jardin. La maison a été construite pour eux et servira aussi à leurs successeurs. Il y a tout le confort, sauf raisons « exceptionnelles ». A partir de demain, l’eau sera coupée pour 10 jours à cause de travaux.

    Ils ont tout plaqué pour ce changement de vie et nous disent être heureux de ce choix. Ils regrettent seulement un manque de reconnaissance. Pas de salaire puisqu’ils sont volontaires. En tant que blancs ils sont vus, de la même manière que nous, comme des portemonnaies sur pattes. Pas les moyens de profiter des parcs par exemple, et victimes de vols comme tout le monde. En outre, des générations de Tanzaniens qui ont toujours connus des missionnaires, des ONG, des volontaires, etc. Ven et Kelly ont succédé à des professeurs volontaires et ils seront à leur tour remplacés par d’autres.

    Les hollandais arrivent alors qu’il fait déjà bien nuit. Fourbus mais enchantés après leur 100km de mauvaise piste. Chacun ses goûts.

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    Elle est écrivain freelance et lui était « bike-messenger » et a décidé de voyager avec son outil de travail. L’arrière est celui d’un vélo normal mais à l’avant il y a un grand plateau devant le guidon au dessus d’une petite roue. On a encore plus de mal à comprendre ce qui peut les attirer à rouler sur des pistes pourries avec ce genre d’engin.

    La conversation est riche et animée ce soir-là. On y parle surtout de l’Afrique et des « vies d’avant ».

    Lorsqu’on repart, on a encore le vent de face. A Arusha, Bram nous avait prévenu que ce serait comme ça jusqu’à la côte. La seule chose qui change c’est sa puissance. Fort ou très fort. Chose réconfortante s’il en est, est que plus ça grimpe ou plus la piste est pourrie (les 2 choses peuvent bien évidement aller de pair) moins l’influence du vent est importante !

    La route se divise en deux une trentaine de kilomètres après Moshi et le trafic diminue d’un seul coup. Même le décor s’est modifié de manière spectaculaire. On laisse le Kilimandjaro dans notre dos. De toute façon on n’en avait aperçu que rarement le sommet ou le pied, le Kili étant caché depuis des jours derrière de gros nuages. La route est maintenant bordée de toutes petites montagnes, d’une terre rouge et de baobabs à profusion. Gros, petits, morts ou en fleur, parfois découpés au sol ou seulement débarrassés de leurs petites feuilles. On quitte la route pour une piste où la lumière de la fin de journée ajoute une ambiance dorée au paysage. On s’arrête devant une petite école.

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    Personne. Anaïs se met alors en quête d’un interlocuteur, et trouve un jeune professeur. Mais celui-ci n’a pas autorité pour nous donner la permission. Il contacte le veilleur de nuit sur son portable et lui aussi ne se sent pas autorisé à donner un avis. On la conduit alors vers le chef du village, un bonhomme un peu bedonnant qui veut se donner un air important. Après quelques palabres, il souhaite voir nos passeports. Puisqu’avec toutes ces histoires il commence à se faire tard, on est un peu coincé et Anaïs retourne le voir en lui présentant les documents demandés. Peu rompu à l’exercice, le chef et sa suite ouvrent le document à la page de notre visa chinois et rencontrent quelques difficultés avec ce qui y est écrit. Pour ne pas perdre la face, le chef se rabat sur les chiffres du visa et les lit à haute voix. Et puisque tout semble en ordre et il nous donne finalement son accord pour planter la tente dans la cour de l’école.

    Encore une petite averse cette nuit mais le vent, fidèle et matinal, a vite fait de sécher tout ça. On s’approche de la chaine de montagne que l’on doit contourner par le nord sur les conseils de Bram.

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    La puissance du vent augmente au fur et à mesure que la journée avance. Les véhicules arrivant dans l’autre sens en profitent à fond. De notre côté, se succèdent les panneaux nous mettant en garde.

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    Parvenus à Same, c’est sur une propriété de Tanroads (organisme qui gère le réseau routier en Tanzanie) qu’on nous invite à passer la nuit. Notre hôte est accueillant et prévenant. Il nous débroussaille un bon espace pour la tente avec une sorte de machette en forme de club de golf. Une tondeuse manuelle en quelque sorte, qui, pour avoir essayé, réclame un peu de pratique pour être efficace. Sans quoi, comme au golf, on a vite fait de labourer le terrain.

    On quitte l’asphalte très vite après le petit déjeuner. La piste est bonne, en légère descente, et les yeux et les oreilles sont en état d’alerte.

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    Notre piste longe le parc Kisiwani et on espère surprendre bon nombre d’animaux. Et hop, un premier dik-dik au bout de 5 minutes. La petite antilope nous passe devant les roues.

    photo 18La variété de paysages est impressionnante. On passe du bush, à la forêt, on traverse des villages, on passe des groupes de baobabs, pour s’engouffrer au travers d’une jungle de plusieurs kilomètres, qui donne l’impression de ne rien à voir à faire ici.

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    C’est beau tout ça mais ça fatigue. A 18h, on a toujours le vent en pleine poire, et les cailloux et le sable ont fini de nous flinguer les cuisses. Juste avant la tombée de la nuit, un petit monsieur nous invite à nous installer dans la cour à côté de leur maison.

    Aujourd’hui, ou plutôt ce matin, l’objectif est de prendre une douche. Presque plus pour ses bienfaits sur le moral que pour éliminer la crasse. C’est chose faite pendant que l’eau chauffe pour le café. Même pas besoin de serviette pour se sécher tellement ça souffle.

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    Difficile dans ces conditions d’être très motivés pour reprendre la route. D’autant qu’après le premier dik-dik la veille au matin nous n’avons plus vu que des vaches et des chèvres.

    Encore 40km et c’est le retour sur l’asphalte. On ne pense plus qu’à ça. Malheureusement notre piste se dégrade à vue d’œil et finit par ne plus être praticable. Les passagers descendent de moto, les bus s’empêtrent et les cyclos pleurent. La consolation dans tout ça c’est que le vent est devenu un problème secondaire.

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    Un vrai champ de patates avec du sable, des ornières et des rochers explosés. Et puis « paf ! ». C’est à peu près le bruit qu’a fait la chambre à air de Nico en entrant dans le village. Pneu arrière déchiré sur 2 centimètres ce qui a entrainé une hernie pour la chambre à air qui a rapidement éclatée. Surtout rester calme… On change la chambre à air et on colmate le pneu avec un billet de 500 shillings et un morceau de scotch en espérant que cela fasse l’affaire pour le moment.

    Il faut éviter encore les derniers pièges sur la piste comme les épines géantes d’acacias et enfin, vers 14h on retrouve la route.

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    On se relaie l’un devant l’autre pour faire écran au vent et s’économiser.

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    On jette l’éponge vers 16h lorsque l’on passe devant une école. Nico, qui est resté avec les vélos, voit Anaïs repartir en gestes et palabres interminables avec les habitants les plus proches de l’école. Une professeur arrive sur place. Elle nous explique que l’école n’est pas gardée et qu’ils ont peur que nous passions la nuit seuls ici, si loin (100m) du village. On en arrive vers 17h à se mettre d’accord pour que nous nous installions à côté des maisons pour les professeurs. Notre interlocutrice a préféré déménager pour le village (200m plus loin) pour plus de sécurité.

    En tout cas rien à signaler cette nuit encore de notre côté. Et bonne nouvelle, le vent est moins fort que la veille. On compte profiter de cette accalmie pour avaler un peu plus de kilomètres que les jours précédents. En passant au sud de la chaine de montagne, le paysage devient vert et plus vallonné.

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    Après Korogwe, on n’a toujours pas repéré un endroit qui nous plaît pour passer la nuit. On se retrouve à tenter notre chance vers 17h30 devant la barrière d’une entreprise agricole. Un des employés, un peu surpris par notre requête, nous demande d’attendre son patron qui est en réunion. Rester ou partir ? « On va tenter. Ils n’oseront pas nous jeter ? Si ? ».

    Quinze minutes plus tard, le patron arrive. Il est blanc. Sud-africain pour être précis. Visiblement un peu déconcerté par notre demande, il hésite un peu à nous laisser nous mettre à côté de l’entrée, prétextant que nous ne serons pas tranquilles au matin avec tous les employés qui vont et viennent. Pour lui le mieux c’est que nous nous installions vers chez eux (« yeah ! »). Un employé nous y conduit.

    On plante la tente sur les hauteurs qui dominent l’exploitation. Thys, le patron, produit des fibres de sisal. On convient d’une visite de l’entreprise le lendemain matin. Et avant de nous quitter, il nous dépose un sac avec des oranges, noix de cajou, chappattis, bières, etc. « what else ? »

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    Thys et sa compagne nous accueillent et on part visiter l’entreprise. La fibre de sisal est issue des feuilles de la plante du même nom. Les feuilles sont coupées à la main, puis acheminées jusqu’à une machine rotative qui va lacérer les feuilles pour en faire des fibres. Ces fibres sont ensuite séchées au soleil pendant quelques heures, calibrées puis brossées, avant d’être compactées et empaquetées. Les lots de 250kg sont ensuite expédiés à des usines, en Chine notamment, pour être transformés en sacs, tapis, sets de table, cordes, etc.

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    photo 27Thys est d’autant plus fier de nous faire visiter les lieux qu’il ne s’agit pas seulement d’une entreprise, mais d’une véritable communauté. En plus de travaux en cours pour régénérer les sols, plusieurs programmes ont été mis en place pour réhabiliter les logements des travailleurs (le site emploie 1400 personnes), construire des toilettes, des systèmes d’évacuation des eaux usées, une gestion des déchets, une école, un centre médical. Le tout en moins de 2 ans.

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    On a été séduit par cette approche globale qui nous est apparue comme un cocktail intelligent, entre la logique d’entreprise et le bien-être des populations. Tout le monde contribue activement et chacun semble tirer profit du projet.

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    Thys a pris beaucoup de temps pour nous présenter son « entreprise » et il est presque midi lorsqu’on se dit au revoir. On repart en direction de la côte sous un ciel menaçant. Notre piquenique gentiment offert par nos hôtes est avalé dans un champ de sisal et se finit sous la pluie. Et pas de chance, on constate que la valve du pneu avant d’Anaïs est HS. On profite d’une accalmie pour se lancer dans les grands travaux puisque l’on compte intervertir le pneu avant d’Anais et le pneu déchiré de Nico. La demoiselle étant un peu moins chargée on espère ainsi ménager le pneu estropié. On renforce la réparation avec une rustine et un bout de chambre à air en plus d’un billet de banque de 1000 shillings, forcément 2 fois plus solide que le précédent !

    C’est fait ! On est trempé puisqu’une nouvelle averse est passée au-dessus de nous, mais au moins, on est un peu plus sereins.

    Après une nuit dans le jardin d’une famille, on attaque la dernière section jusqu’à Pangani. Le hic c’est qu’il a plu pendant la nuit et qu’on a quitté l’asphalte la veille au soir. Un vrai bourbier. Nico se rend compte qu’à force de secousses sur les pistes il a perdu 2 boulons qui maintiennent le garde-boue arrière. Sans ces vis celui-ci est trop bas et limite l’évacuation de la boue. En bref, tous les kilomètres il faut décrotter l’espace entre la roue et le garde-boue.

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    photo 30Autant vous dire que lorsqu’en début d’après-midi on voit enfin la mer, c’est un moment magique !

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    Un dernier repas sur le bord du chemin avec les restes de la veille et on entre dans Pangani. On repère une petite pancarte, le « Sea Side Community Center », dont le nom laisse présager un établissement à portée de notre bourse.

    Erreur. 15 USD la chambre avec ventilateur, et la réceptionniste nous demande 20 USD quand on lui propose de mettre une tente dans le jardin. On s’énerve au début avant de réaliser qu’elle nous raconte n’importe quoi, puisque ce que l’on demande n’a jamais été prévu. On demande à parler à sa responsable et on finit par se mettre d’accord pour 10 000 tsh par nuit (moins de 5 USD). On plante la tente au milieu des paillotes du restaurant. Et comme il y a assez peu de clients, on se met à l’aise petit à petit. : fil à linge, un hamac, puis deux hamacs, puis on lave les vélos et on s’accapare enfin une paillote qui devient notre cuisine/salle à manger privative.

    On est pas mal ! On est si bien, qu’affalés sur nos hamacs, on n’envisage pas de départ précipité.

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    Pangani ne propose pas la plage plus belle des environs mais on lui trouve un certain charme. Il y a de l’activité : construction navale, pêche, transport de marchandises, etc.

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    En ce matin du 29 juin, on prend le bac pour traverser la rivière Pangani afin de gagner la plage d’Ushungo dont tout le monde nous vante la beauté.

    15km de piste agréable, d’autant que l’on est tout léger sans nos sacoches, et on atteint le village d’Ushungo, et ses maisons/cabanes construites sur la plage. C’est joli, ça a du charme mais on s’attendait à autre chose. Disons de plus « carte postale ».

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    Les chaines de vélo n’aiment pas le sable. Et celle de Nico casse dans une montée. Heureusement que Nico avait pensé à prendre les outils. Le hic c’est qu’un des éléments du dérive chaine est introuvable. En gros la caisse à outil ne sert à rien. Deux locaux à vélo s’arrêtent pour nous donner un coup de main. On essaye de remettre le maillon de la chaine avec notre pince mais il ne se « clipse » jamais. L’un deux revient avec une grosse pierre et commence à taper sur la chaine. Du grand n’importe quoi. La chaine ripe sous les coups de cailloux, rien n’est dans l’axe et… et merde, ça marche ! On n’en revient pas.

    Retour à Pangani « pole pole » (prononcé « polé polé » en swahili, signifie « doucement ») et on se dirige vers le port pour rencontrer l’homme avec qui l’on doit faire la traversée vers Zanzibar. On avait convenu la veille de partir ce soir pour 25 000 tsh pour 2. Notre contact est introuvable. Dommage puisque notre départ est prévu pour dans 1 heure.

    On est un peu surpris de le voir se pointer alors qu’on cuisine d’autant qu’il ne connaissait ni nos noms ni celui de l’hôtel. On lui indique qu’on va rester un peu plus longtemps à Pangani et qu’on souhaite partir avec son prochain voyage : vendredi soir, même heure.

    Nouvelle surprise vendredi en fin de matinée lorsque Rama vient nous trouver nous dit qu’on part maintenant. On négocie 30 minutes pour ranger nos affaires. Il revient 1 heure après et nous informe que l’on ne part plus. Trop de vent. Le départ est reporté au soir. Comme ce qui était prévu en fait.

    Comme Rama semble avoir un peu de mal avec les chiffres on en profite pour se faire confirmer le tarif de la traversée. Il répète « twenty five thousand ». Il écrit 25 000 sur une calculette. On lui montre alors 2 billets de 10 000 et un billet de 5 000. Il sourit. Ce n’est pas ça visiblement. C’est con, car pour nous ça correspond bien ! Il faut encore 5 minutes et un « traducteur » qui ne parle finalement pas mieux anglais que lui pour comprendre que le bonhomme demande 250 000 tsh pour traverser. On s’étrangle ! 100 euros !

    Après une après-midi ponctuée de négociations, à 20h on n’a toujours pas trouvé d’accord et on ne sait pas si on va traverser le soir même. L’attente se poursuit dans nos hamacs.

    Il revient vers 22h et on accepte alors de partir pour 90 000 tsh. On charge les affaires sur les vélos, dit au revoir aux employés de l’hôtel et on suit Rama dans la nuit en silence, sans trop savoir ce que les prochaines heures nous réservent.

3 Responsesso far.

  1. Lucie dit :

    Coucou les aventuriers !

    Bravo bravo, vous êtes bien courageux !!
    Les photos sont toujours aussi belles et gardez le smile, c’est vraiment génial ce que vous faites !!

    J’ai adoré le selfie !

    Grosses bises chaudes de Paris 🙂

  2. Cathy Lebret dit :

    A votre retour vous pourrez toujours créer un magasin de réparation de vélos. Cela ne demande pas beaucoup d’investissement : de gros cailloux et du savoir faire… trop facile !!

    Bravo pour nos aventures.

  3. Valque dit :

    Et bien vous êtes les rois de la débrouille et vous allez pouvoir nous donner des cours sur les réparations des vélos. Comme cela avec thérése on n’aura plus d’excuses pour s’aventurer sur les chemins de l’Hérault. Vous êtes super courageux et vous avez beaucoup de ressources.

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