• Tanzanie (partie 2)

    Tout est noir. La ville de Pangani n’est pas éclairée.

    Rama, notre passeur, nous indique le bateau. Très franchement on ne sait pas trop où il est. Nous entendons des voix et distinguons quelques points lumineux. Des hommes avec leurs téléphones portables sur les bateaux. On doit descendre un muret de 2 mètres puis amener les vélos sur le bateau qui est échoué puisque la mer est encore basse. On n’est pas près de partir.

    De l’eau jusqu’aux genoux, les vélos à bout de bras, on charge nos affaires à l’avant.

    Rama nous demande 40 000 shillings sur les 90 000 du voyage, pour qu’il puisse mettre de l’essence nous dit-il.

    On s’installe à côté de nos affaires à l’avant du bateau, et à la lumière des téléphones portables, on découvre ce qui nous entoure. Plusieurs hommes sont assis autour de nous.

    Tous ne semblent pas être des hommes d’équipage mais difficile de savoir qui est passager et qui est marin. L’un d’eux écoute la bande originale de Titanic sur son portable. Drôle d’idée !

    Rama revient chercher Nico et lui demande de le suivre à l’arrière. Il lui présente le capitaine, c’est à lui qu’il faudra remettre les 50 000 shillings une fois arrivés à Zanzibar. On comprend alors que la somme pour l’essence correspond en fait à la commission du passeur. Le capitaine sourit et assure que tout va bien se passer. En revenant vers l’avant, Nico a l’occasion d’observer la cargaison : des sacs de charbons entassés sur toute la longueur.

    Le bateau n’est qu’une grande barque d’une douzaine de mètres. Un mat incliné vers l’avant et une voile pliée sur une grande baume, amenée à être hissée en haut du mat. Les voiles ont un aspect de toile en coton ciré. La coque est construite avec des morceaux de bois tous différents, les poulies sont en bois elles-aussi et il n’y a aucun éclairage. Et s’il n’y avait pas un moteur de zodiac à l’arrière notre embarcation aurait pu dater du Moyen-âge.

    Vers 0h30, il y a du mouvement. La mer est montée et le bateau a repris une position horizontale. C’est parti. Mais pas loin. On dérive au milieu de l’estuaire. Le moteur nous a lâché semble-t-il.

    On attend.

    3h30. Les réparations sont un succès, puisque les matelots hissent la baume. La manœuvre est complexe d’autant que l’immense poutre en bois se coince. Un des marins se retrouve à tenter une opération au-dessus de l’eau accroché à la baume. On se demande alors qui sait nager autour de nous.

    Les marins déploient la voile pendant que l’on sort de l’estuaire. Le capitaine à la barre a une lampe de poche. Pour y voir, les matelots, eux, coincent leurs téléphones portables entre leurs dents. La voile est dépliée en 20 minutes et on continue notre progression dans le noir, pas très rassurés en sachant que d’autres bateaux évoluent comme nous. On les entend avant de les voir et guidés par le bruit on devine une ombre. Il est à moins de 50 mètres lorsque l’on a la certitude qu’il s’agit bien d’un voilier. Ça passe.

    La nuit laisse la place à la pluie. On se met à l’abri des averses sous l’immense bâche en plastique qui protège la cargaison. Couchés sur les sacs de charbon, on a rapidement les vêtements et le visage noir de suie.

     

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    La navigation n’est pas évidente. La houle est assez importante, avec des creux de 1m à 1m50. On repère des bancs de sable de temps à autre.

    On arrive finalement au port de Mkokotoni un peu avant 14h . Le voyage aura duré plus de 15h. Pas de quai ici non plus mais une petite barque en plastique sur laquelle on transborde nos vélos et gagne la plage.

     

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    Zanzibar jouit d’une certaine autonomie par rapport au continent et on doit se déclarer à l’immigration. Mais aujourd’hui il n’y a personne et on nous demande de composer un numéro de téléphone portable. L’homme au bout du fil nous explique que comme il n’est pas au bureau on aura qu’à lui communiquer plus tard le nom de l’hôtel où nous serons et il viendra nous mettre le coup de tampon sur le passeport. Ça a l’air assez flexible ici.

    On traverse la petite île d’Ouest en Est pour atteindre Matemwe. On quitte l’asphalte, on se faufile sur un petit chemin et on débouche sur la plage.

     

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    Le sable est fin et blanc, la mer propose toutes les nuances de turquoise, et les cocotiers sont parfaitement alignés. C’est magnifique !

     

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    On est rapidement accosté par des jeunes qui nous vantent les mérites de différents lodges des environs. On trouve un petit camp de bungalow où l’on négocie pour planter la tente et ça y est, on va pouvoir en profiter.

     

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    S’en suivent 2 jours de plage et d’activités à marée basse avec les jeunes locaux.

     

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    Et les soirs c’est restaurant de poissons et de fruits de mer. Dans la même assiette nous avons chacun : crevettes, gambas, cigale de mer, calamar, poulpe, thon. Un délice ! (merci encore les amis et la famille !)

     

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    On fait la connaissance d’un couple de polonais qui nous suggère vivement de passer par Jambiani, plus au sud.

    On part donc pour une nouvelle traversée de l’île, mais Nord-Sud cette fois et toujours sur les conseils du couple on se présente au Blue Earth Bungalow où l’on obtient un bon tarif.

     

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    C’est tout aussi beau mais un peu moins sauvage que Matemwe et toujours un paradis pour le kite-surf.

     

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    Au cours de la traditionnelle balade dans le lagon à marée basse on croise Ven et Kelly, les 2 profs volontaires américains qui nous avaient hébergés quelques jours plus tôt au pied du Kilimandjaro. Ils partent pour quelques heures de snorkeling sur un trimaran de pêcheurs. Si par trimaran vous imaginez un bateau capable de traverser l’atlantique en quelques jours vous faites fausse route. Une coque en bois à l’étanchéité relative, 2 planches de bois pour les flotteurs et des sacs de riz cousus en guise de voile.

    Rendez-vous est pris pour l’apéro le soir même.

    Après 3 jours de balade, lecture, baignade, on part pour Stone Town, la capitale de Zanzibar y prendre un ferry pour Dar Es Salaam. Un vrai bateau cette fois. On ne veut pas forcer la chance trop souvent, il y a des naufrages chaque semaine entre l’île et le continent.

    Pour 20 USD, on apprend qu’on peut traverser de nuit. 15 dollars de moins que l’Express (2h) et on en a pour notre argent puisqu’on met 7h de plus.

    On a un peu raté la visite de la ville par contre. Ayant recroisé Ven et Kelly, notre déjeuner s’est poursuivi en digestif, suivi à son tour d’un apéritif lorsque nous avons été rejoint par un couple de cyclos espagnols. Bref, le temps d’avaler une « pizza de zanzibar », spécialité de l’île, et il est déjà 20h30, l’heure d’embarquer.

    (On n’aura finalement jamais eu le tampon sur notre passeport et ça n’a pas posé de problème pour sortir. Quelques échanges de textos avec notre contact qui n’a pas eu envie de se déplacer et nous a finalement souhaité un bon séjour. « Qu’on l’appelle en cas de problème »)

    On débarque au petit matin dans le port de la capitale économique du pays (Dodoma est le capitale administrative). On est un peu déboussolé en descendant. On voit des buildings de verre immenses, des bâtisses de style colonial, des quais en béton chargés de containers côtoient des cocotiers et de belles plages. Des supertankers et portes-containers flottent sur une eau toujours turquoise.

     

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    Avant de nous rendre chez Kibwana, le warmshower qui va nous héberger, on fait le tour des magasins de sports de la ville pour essayer de trouver une nouvelle chaine de vélo pour Nico. Et c’est mission impossible. On a encore le sentiment que tous ces magasins modernes dans ces Centres Commerciaux sont pleins de rien. Imaginez une enseigne qui proposerait de tout, de l’outillage à la téléphonie, des vêtements aux pièces automobiles, dans lequel vous ne pourriez trouver que des pelles et râteaux, qu’un téléphone portable, quelques t-shirts et un jean, un 4×4, de l’huile et des plaquettes de freins. Il y a de tout donc, mais vous ne trouvez rien.

    Après 4 heures de perdues on arrive chez Kibwanna. N’habitant pas sur un axe majeur, la route qui passe devant chez lui n’est pas goudronnée. De l’eau stagne sur le bas-côté. C’est pareil dans tout le quartier. A 28 ans, il partage la maison avec ses sœurs, une amie de ses sœurs, et son pote Alex. On entre par une cuisine sans évier, ni plan de travail où un bruleur est posé sur une bouteille de gaz. La vaisselle s’empile dans de grandes bassines. Un bidon d’une centaine de litres est rempli d’eau. On est presque un peu surpris de voir un frigo ici. Un long couloir distribue les chambres, une grande pièce de 20m² avec un trou (en guise de wc) et une « douche », et enfin de l’autre côté un immense salon, avec 2 canapés qui ont bien vécus, un matelas et un ventilateur. Et en comptant les rideaux aux fenêtres, on pense avoir fait une revue assez exhaustive du mobilier.

     

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    Entre les quelques immeubles récents construits par les chinois, on trouve les maisons ou cabanes où logent une part importante de la population. L’eau courante n’est pas pour tout de suite. L’accès à l’électricité n’est pas garantie. Ces habitations sont entourées de déchets ou d’eau stagnante. Hommes et femmes s’affairent autour de décharges et trient, démontent ou transportent des objets apriori sans aucune valeur.

     

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    Ce soir il est prévu, si l’on en croit la presse française, que notre équipe nationale écrase les portugais en finale de l’euro 2016. Kibwana nous propose d’assister au match à l’Alliance française. A quelques mètres de l’entrée on sourit à l’idée de pénétrer dans ce genre d’endroit pour la première fois de notre vie guidés par un Tanzanien.

    Près d’une centaine de chaises sont disposées dans le jardin face à un écran géant. Ça parle français mais pas seulement. Le directeur de l’alliance tient la buvette. Le seul but est portugais, c’est raté pour les pronostics.

    On consacre la journée du lendemain à la recherche désespérée d’une chaine de vélo, mais rien à faire. Comme on a peu d’espoir d’en trouver une au Malawi il va falloir atteindre Lusaka, à plus de 2000km de vélo. Pas vraiment rassurant.

    On nous avait vivement déconseillé la sortie de Dar Es Salaam en vélo à cause du trafic. C’est finalement assez gérable grâce aux bas-côtés. Ce dont on souffre le plus c’est sans conteste l’ennui !

    Si on a finalement opté pour faire cette section jusqu’au Malawi en vélo c’est parce que la route passe par le Mikumi National Park et que l’on est autorisé à le traverser en vélo. Mais très vite on regrette de ne pas avoir écouté les témoignages qui conseillaient le train.

    Après 3 jours monotones et dangereux à cause des bus et des camions, c’est avec une certaine appréhension que l’on pénètre dans le parc. Et si on ne voyait rien ? On aura encore 600km pour regretter ce choix jusqu’à la frontière, en plus des 300 km effectués jusqu’à maintenant. L’autre appréhension et presque inverse à la première. Et si on voyait certains animaux de trop près ?

    Les camions et surtout les bus n’ont pas ralenti en entrant dans le parc. Ces derniers continuent de klaxonner 500 mètres en amont jusqu’au moment où ils nous doublent ou nous frôlent.

     

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    Quelques singes d’abord, puis un impala, puis un autre, là-bas une girafe, non deux ! et ça y est, après 10km, le spectacle commence.

     

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    Des troupeaux d’impalas par centaines, des zèbres, quelques gnous, des phacochères, des girafes.

     

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    On prend des photos, mais toujours en guettant les environs. Il y a des lions dans le coin, et les routiers se chargent de nous le rappeler fréquemment. Dans la mesure du possible on essaie de rouler au milieu de la route par peur des félins. Sur le bas-côté l’herbe est parfois haute et il est impossible de voir quoique ce soit. On entend souvent des bruits qui s’avèrent être des impalas surpris qui partent comme des flèches. Stress maximal, notre petit cœur est mis à rude épreuve !

     

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    Tout au long de la route, des panneaux indiquent le montant de l’amende à payer si un automobiliste tue un animal. 450 dollars pour un phacochère, 110 dollars pour un singe, 15 000 dollars pour une girafe et autant pour un éléphant. Il faut quand même rouler vite pour le dernier. De notre côte on ne se sent pas vraiment concerné. Ce serait même plutôt l’inverse. On aimerait bien voir des éléphants, mais ni trop près, ni trop loin.

    Il n’y a qu’à demander. 500 mètres après le panneau « caution elephant crossing » Anais repère un pachyderme à une cinquantaine de mètres sur sa droite. Il avance parallèlement à la route. On sort l’appareil photo lorsqu’il est rejoint par un autre congénère de même taille. Il s’arrête et nous fait face. Il lève la trompe. 50 mètres c’est beaucoup ou pas ? On bouge ? On reste ? S’il vient on fait quoi ? On reste immobile, incapable de prendre une décision. Il se tourne et reprend finalement sa route. On avait vu des éléphants de bien plus près en safari mais être à côté en vélo, c’est vraiment une autre sensation.

     

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    On sort du parc.

     

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    Après une journée de vélo au milieu de la forêt, de gorges, et de champs de baobabs on demande à parler au Chef du village de Mtandika. Celui-ci nous installe derrière une petite maison pas vraiment à l’abri de regards indiscrets de la cinquantaine d’enfants, assis autour de nous comme au cirque. Ce soir, on a vraiment du mal à supporter cette présence bruyante qui dure jusqu’à ce qu’on se couche.

    En fermant la porte des toilettes Nico se coince un doigt dans une mauvaise plaque de taule rouillée. Heureusement que l’on a du Sterilstrip pour refermer l’entaille dont on n’a pas pu estimer la profondeur. On bricole une atèle avec une baguette chinoise et des compresses. Espérons qu’il n’y ait pas trop à freiner demain et surtout qu’il puisse tenir un guidon.

    Prière entendue puisqu’on est parti pour 800 mètres de grimpette et ça attaque franchement. Avant la côte on pouvait voir beaucoup de pneus éclatés, à l’origine de nombreux accidents. Depuis Dar Es Salaam on a vu 3 bus dans le fossé (les passagers attendant sur le bord de la route), et plusieurs remorques retournées.

     

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    Encore une grosse matinée de vélo et on arrive à Iringa. Un vieil hôpital datant de la colonisation allemande a été rénové et transformé en musée. Avec l’aide d’un des employés de l’office du tourisme on négocie pour installer notre campement dans le jardin du seul bâtiment historique de la ville.

     

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    On a eu beau essayer de nous cacher un peu c’est en moyenne une vingtaine de personnes qui nous observent tout au long de la journée. On a de plus en plus de mal à supporter cette impossibilité d’avoir un peu d’intimité.

    Plus que 420 km.

    Les jours s’enchainent et se ressemblent inlassablement. On consacre beaucoup de temps à s’occuper de notre ravitaillement, à se faire à manger midi et soir, à trouver un endroit pour se laver (on se construit parfois des cabines de douches) et pour dormir.

     

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    On voit pas mal de points d’eau depuis que l’on est parti mais visiblement tous ne fonctionnent pas ou ne fonctionnent plus ou doivent être secs. Il nous arrive souvent de voir des groupes de femmes, avec plusieurs bidons chacune, assises autour d’un robinet qui coule continuellement.

     

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    Ce 21 juillet au soir, personne dans l’école qui a retenu notre attention. On se rabat vers la petite chapelle à côté et nous nous adressons au prêtre. Comme souvent dans les petits villages, il ne peut pas prendre de décision et il faut obtenir l’autorisation du chef de village (un maire en quelque sorte puisque ce dernier est élu). Comme avec le prêtre on explique au chef ce que l’on fait ici mais c’est l’évangéliste qui s’avère être le meilleur commercial. C’est visiblement important pour lui que le chef accepte. La discussion se déroule en swahili et on saisit quelques mots au vol ou des noms de pays que l’on a traversé. Et comme à chaque fois, on est toujours aussi surpris que cela mette autant de temps. Qu’est-ce qu’ils peuvent bien se dire ?

    Il faut encore que l’on signe un registre et après quasiment 1 heure de démarche on peut s’installer chez le prêtre. Il nous propose une petite pièce qui jouxte sa maison. L’odeur du maïs en train d’y sécher est assez forte mais bien au-dessous de celle des 2 cochons parqués juste derrière la bâtisse.

     

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    A chaque fois que l’on demande à des gens de dormir quelque part, ils se mettent en quatre pour nous obtenir l’autorisation ou simplement pour veiller à notre confort. Cette situation nous met de plus en plus mal à l’aise puisque de notre côté on réalise qu’à force, on se rapproche des locaux uniquement pour leur demander quelque chose et autrement on essaye de s’isoler au maximum. On est fatigué de répondre 100 fois par jour aux mêmes questions dans un mauvais anglais sachant pertinemment que la discussion ne mènera jamais à rien d’intéressant. What’s your name ? Where to (comprendre where do you go ?) ? From where ? Which country ?

    Le constat est amer. On essaye d’en trouver l’origine, Pourquoi n’était-ce pas le cas avant ? Mais on cherche surtout un moyen d’y remédier.

    On devait normalement attaquer une immense descente sur des dizaines de kilomètres, mais pas de chance. Certes la descente est toujours là mais c’est la route qui a disparu. Ou l’asphalte pour être précis. Les directions des travaux sont confiées aux chinois. On en voit généralement un à côté de chaque pont, d’enfouissement de tuyaux, ou pour des étapes sensibles du chantier, toujours entouré de tanzaniens outils à la main ou dans des bulldozers.

     

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    La poussière et les pistes chaotiques n’ont aucun effet sur la conduite des chauffeurs de bus qui courent tous une « spéciale » plus qu’ils ne transportent des êtres vivants.

     

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    Ce soir ce sera camping sauvage. L’environnement s’y prête enfin, et ça va permettre de rompre avec le cirque infernal des nuits habituelles. Pas de villages alentours, une vue dégagée, bien cachés de la route. Personne. Juste nous. Ca nous fait un bien fou.

     

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    Au matin les batteries sont plus rechargées qu’à l’accoutumée. Décidément l’isolement a du bon. Le vent nous pousse doucement jusqu’à commencer la montée vers Uyole. Une fois sur le premier plateau, après 400m de dénivelé, plus moyen d’envisager de camping sauvage. Il y a des maisons partout. Le hasard nous guide vers une paroisse. Dans la petite chapelle, les fidèles sont en train de jouer de la musique et de chanter. En face, d’autres fidèles passent le balai dans la grande église, ou travaillent aux finitions.

    Le curé est un homme énergique aux allures de business man. A son expression on devine qu’il ne va pas accepter qu’on dorme dans le jardin.

    Il nous propose en fait de suivre son « stagiaire » jusqu’à chez lui, où l’on devrait être plus au calme nous dit-il. C’est pas loin en plus. Avant de le quitter il nous rappelle que demain c’est dimanche, jour de l’office, et qu’on est les bienvenus (il faut comprendre « attendus »).

    On suit le futur prêtre le long du chemin se demandant où il va s’arrêter. On finit par sortir du village on fait encore 500m avant de tourner au milieu de caféier pour s’arrêter devant un immense portail. Incroyable ! Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir trouver derrière ça ?

    Une maison de star hollywoodienne. On n’en revient pas. Ce qui nous étonne peut-être encore davantage que le luxe de cette maison comme on en a encore jamais vu en Afrique, c’est que le prêtre ne soit pas gêné de nous faire voir sa demeure alors qu’il y a 10 minutes on était entouré de paroissiens, qui travaillaient certainement bénévolement, et qui ne pourraient jamais se payer ne serait-ce que le portail d’entrée, même après une vie de labeur.

     

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    L’humble serviteur de Dieu nous rejoint vers 19h après s’être changé, et nous demande si l’on aime le vin espagnol. Ayant répondu par l’affirmative, il revient quelques minutes plus tard avec des verres et un gros cubis. Du vin de messe nous précise-il. Du « Douze-apôtres », 15°. Il le sert à l’office. Et un peu à l’apéro !

    On fait un passage rapide à l’église le lendemain matin, et c’est en fait plutôt agréable. Depuis le seuil on observe les fidèles qui chantent et dansent.

    On hésite un peu à poursuivre en camion puisque 800m de dénivelés nous attendent, mais comme c’est la dernière grosse montée avant un moment on se motive. Il est plus de 15h lorsqu’on arrive au col. Le paysage a bien changé en 2 jours avec l’altitude. C’est plus vert, de l’herbe a remplacé la terre devant les maisons et les gens s’allongent volontiers. Il y a de l’eau, la terre est riche et les cultures sont variées.

    Le temps de descendre 25km et on tente notre chance dans un dispensaire. La chef est une femme rondelette et souriante qui inspire tout de suite confiance. Elle accepte immédiatement de nous laisser dormir. Tellement vite que l’on se demande si elle a bien saisi ce qu’on lui demandait. Craintes infondées puisqu’elle nous propose finalement de nous installer dans une pièce inoccupée.

    En jetant un œil dans le registre on note que 3 visites sur 4 sont liés à la malaria. C’est décidé, demain soir on commence la Malarone.

    Pas trop de pression ce matin. La route va continuer à descendre jusqu’à la frontière que l’on compte passer demain matin.

    En basculant de ce côté de la montagne, il n’y a pas que les paysages qui ont changé. Les maisons ne sont plus construites tout à fait pareil, les tenues des femmes diffèrent légèrement, et surtout on réentend le « give me my money » qui ne nous avait pas manqué.

     

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    On passe de la forêt humide, aux plantations de thé (dans lesquelles on se dissimule pour notre pique-nique), à une ambiance plus sèche lorsqu’on approche les 500m d’altitude du lac Malawi.

     

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    Juste avant la frontière on continue notre cure « nuit autrement » ce soir puisqu’on craque pour un hôtel, histoire d’être frais et dispos pour découvrir le Malawi.

4 Responsesso far.

  1. anna dit :

    Génial les photos de la tanzani!!les plages et les cocotiers! Ça fait rêver… par contre vous nous faites toujours frémir d’angoisse quandvous racontez vos ttraversées sur des embarcations craignos!!
    Profitez encore de ce séjour malgré la fatigue et les coups de mou! Nous pensons fort à vous et vous suivons toujours aussi assidument!!
    Gros gros bisous

  2. Brice dit :

    Vos nouveaux t-shirts sont super.

    Profitez bien de la fin du voyage!

  3. Valque dit :

    Zanzibar a du vous permettre de vous ressourcer. Ce doit être impressionnant de voir les éléphants si près de soi. Je vous souhaite plein de courage pour suivre votre périple. En tout cas vous avez toujours le sourire sur vos photos mémé dans la difficulté.

  4. Julien Rouzé dit :

    Magique ! Je pense que vous réunissez tous les ingrédients d’un voyage mémorable !
    Embrasse Anaïs pour moi.
    Bisous poto*

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