• Zambie

    Pas de « come from where? » ni de l’indissociable « and where do you go ? ». Presque décontenancés on donne nos passeports à l’officier. Pas de formulaire avec des questions sans intérêt non plus. Décidément.

    La situation économique du Malawi est telle qu’aucune banque étrangère n’accepte de changer des devises du pays. Le fonctionnaire nous confirme qu’il faut s’adresser aux revendeurs de rue pour procéder au changement des kwachas malawien contre des kwachas zambien.

    On fait une vingtaine de kilomètres sur une route toute neuve avant de rejoindre Chipata. Les véhicules sont modernes et nombreux, les étals proposent un large choix de fruits et légumes, les vélos roulent sur des voies réservées et il y a même des trottoirs!

    Au fur et à mesure du voyage, on a appris à vivre différemment, à cuisiner autrement, à manger moins de viande,  à faire nos courses au marché. On imaginait changer de mode de vie à notre retour en France. Et voilà tout s’effondre devant le premier symbole de la modernité : le supermarché.  On se surprend à déambuler dans les rayons, à s’intéresser à tout un tas de marchandises dont nous n’avons pas besoin et à saliver devant des légumes sous plastique 2 fois plus chers que ceux vendus au coin de la rue. Quelle ironie!

    D’après les récits de nombreux cyclos, la Zambie n’est pas le pays idéal pour pédaler : De longues distances monotones, des ravitaillements compliqués dès que l’on s’éloigne des villes. On a donc choisi de passer rapidement et de s’arrêter qu’aux chutes Victoria.

    A la gare routière on est littéralement assailli par les rabatteurs vantant en gesticulant et en criant les mérites des compagnies pour lesquelles ils bossent. A bout, Anais se met à hurler « stop! » et la vingtaine de gaillards qui nous encercle se tait immédiatement. Plus aucun n’ose ouvrir la bouche. On profite de l’effet de surprise pour reprendre la main en posant des questions.

    Nos billets en poche on suit les conseils d’un habitant et on s’adresse à l’hôtel municipal juste en face de la gare. C’est son plus gros atout, avec le prix. Voilà, on a fait le tour des avantages de l’établissement.

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    Les toilettes au milieu de la cour, sont protégées par une grille fermée à clé pour éviter que n’importe qui viennent les utiliser. Mais ça n’a pas suffit à décourager les plus « déterminés » comme on l’a vu au réveil.

    A 5h du matin, le parking de la gare grouille de monde. Les bus tout neufs font ronfler leurs moteurs surpuissants. Ils sont tous équipés de pare-buffles géants destinés à se protéger des nombreux éléphants dans le sud du pays. L’ensemble est flambant neuf et avec ses rangées de 3×2 sièges le bus peut accueillir plus de 70 passagers. C’est plein, on est les 2 seuls blancs et ils diffusent un film sur l’apartheid…on ne se sent pas très à l’aise !

    On arrive en milieu de journée dans la capitale Lusaka, quelques jours avant les élections. La population est invitée le même jour à choisir un président de la république, des députés, et des élus locaux.

    On sent rapidement un déséquilibre en faveur d’Egdar Lungu, le président sortant. Ses soutiens semblent avoir plus de « facilité » à afficher leur préférence politique dans la rue. On croisera aussi plusieurs défilés de jeunes militants juchés sur des pickups ou à l’arrière de camionnettes sillonnant les rues la musique à fond : un véritable déploiement de force.

    Compte tenu du contexte, on nous déconseille de nous attarder dehors.

    Financièrement la Zambie ça « pique ». Notre première nuit dans un hôtel miteux n’était déjà pas donnée, mais maintenant que l’on est dans la capitale c’est une horreur. 35 à 50 dollars pour des chambres « très standard ». Et à cause de la chute du cours du cuivre, principale source de devises étrangères du pays avec le cobalt, la monnaie a chuté et a entrainé une hausse des prix de l’ensemble des produits importés.

    On finit par camper dans une guesthouse défraichi pour la modique somme de 10€ la nuit.

    Le lendemain, jour des élections, nous reprenons le bus pour 7h de trajet. Lorsque nous passons dans les villages, nous apercevons les files d’attentes immenses (femmes et hommes séparés) de personnes devant les bureaux de vote.

    Nous arrivons à Livingstone. Mis à part sa proximité avec les chutes Victoria et les parcs privés où les clients peuvent monter à dos d’éléphants, promener des guépards en laisse ou caresser des lions, Livingstone ne présente pas d’intérêt.

    Pour atteindre les chutes il faut se diriger vers la frontière avec le Zimbabwe. On a un premier point de vue,  gratuit, depuis le pont qui traverse le fleuve Zambèze. A plus de 120m au dessus des eaux il offre une belle vue sur les gorges qui démarrent au pied de la grande chute d’eau. Les plus téméraires, et surtout les plus friqués peuvent s’offrir un saut à l’élastique pour 165 USD !

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    On est un peu surpris par la taille des babouins qui ont pris possessions des lieux. Bien plus gros que ceux que l’on a pu observer jusqu’à maintenant Même les locaux sont vigilants et ne s’approchent pas trop.

    La faille fait plus d’une centaine de mètres de haut pour plus d’un kilomètre et demi de long. On ne peut en voir qu’une partie depuis chaque pays. C’est impressionnant mais le niveau d’eau est plus bas qu’à la normale. Il parait que c’est de plus en plus fréquent ces derniers temps. Après la chute d’eau, la gorge se réduit immédiatement à une centaine de mètres et serpente ensuite en formant des rapides.

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    De retour à l’auberge toujours pas d’Internet. On finit par nous expliquer qu’Internet a été coupé dans tout le pays à cause des élections. Ca devrait être rétabli lors de l’annonce officielle des résultats. D’ici 3 jours !

    Un chaine de télévision retransmet le décompte des voix en direct et le staff de l’auberge suit ça de près. Sans surprise c’est d’un ennui mortel.

    Le 14 aout au matin, on attend le bus pour Windhoek, en Namibie. On est vraiment surpris de voir que les 2 chauffeurs sont blancs alors que la moitié des passagers est noire. C’est une révolution dans le « schéma normal » que l’on a observé depuis que l’on a mis les pieds en Afrique. Jusqu’à présent l’homme blanc est riche et s’il ne travaille pas pour une ONG, il occupe forcément un poste qualifié à responsabilités Cette inversion soudaine des rôles nous fait prendre conscience de la vitesse avec laquelle on a intégré ce modèle raciste qui nous dérange mais auquel on ne prêtait plus attention. On se sent mal à l’aise d’avoir eu ce sentiment « de différence sociale forcement associée à la couleur de la peau » au bout de quelques mois seulement sur ce continent.

    On nous avait dit qu’en Namibie on verrait beaucoup plus de blancs qu’ailleurs Afrique. Peut-être que les rapports entre blancs et noirs y sont différents. On sera fixé dans un peu plus de 21 heures.

     

    Bilan

    Nous devions initialement aller au Mozambique après le Malawi, mais plusieurs personnes nous l’on déconseillé en raison d’instabilité politique et de violences dans le nord du pays .Notre passage en Zambie a été bref (moins de 7 jours) avec très peu de vélo (60 km !). On a vu un pays ou le modèle de consommation à l’occidental, destiné à une poignée, tend à remplacer ce qui reste de culture locale.

     

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