• Afrique du Sud

    On échange nos derniers dollars namibiens  avant de passer la frontière car s’il est possible de  payer en Rand en Namibie, les dollars namibiens ne sont pas acceptés en Afrique du Sud.

    La chaleur est accablante et on décide de patienter jusqu’à 15h avant d’attaquer la  longue côte qui sillonne au milieu de petites montagnes.

    Comme en Namibie, la route traverse de gigantesques parcelles clôturées. On finit par s’installer à côté d’une maison en ruine. On fait des signes pour saluer les quelques hommes au loin qui travaillent dans la carrière. C’est la première trace de civilisation, 30 km après avoir passé la frontière.

    Le paysage est désertique et balayé par le vent. C’est beau, monotone et usant.

    On est content d’atteindre enfin Steinkopf. Première ville, pleine de promesses. Ou pas. Au milieu de quartiers aux petites maisons sans charmes ni verdure, on tombe sur les commerces, avec au centre la station-service et le supermarché. C’est plein de pauvres-types et de « rednecks » qui errent : c’est la ville la plus glauque qu’on ait traversé depuis le début du voyage. On a l’impression que tous ces gens n’ont pas de culture propre, pas d’identité.

    A quelques kilomètres de là, on demande à installer la tente dans une des parcelles le long de la nationale. L’homme nous dit que la sienne s’étend sur 25km ! Le vent est glacial. On mange dans la tente. Et dire qu’il y a 2 jours on faisait une pause de 3h pour éviter les grosses chaleurs.

    Après une journée aussi passionnante que la veille, on décide de poursuivre en bus depuis Springbok. On tue le temps assis à la terrasse aménagée d’un « Shoprite » (une des enseignes locales de grande distribution) et on observe. Pendant leur pause, des employés viennent partager des bouteilles de sodas de 2,5L. Chacun sa paille. Attablés, des clients consomment des aliments tout aussi peu sains.

    Il n’y a pas d’alternative ici. Pour sortir, boire, manger, faire ses courses, il n’y a que des grandes chaînes.

    A 21h, on est mis dehors chez Mc Do. On patiente encore 2h dans le froid avant que le bus arrive. Les chauffeurs sont super sympas, et on charge sans problème nos affaires dans la remorque.

    On aurait pu rejoindre Cape Town directement mais comme le frère de Nico n’arrivera que dans 1 semaine, on s’arrête un peu avant, à Piketberg.

    On respire. Les paysages sont verdoyants, l’herbe grasse, et les montagnes entourées de brumes. On a changé d’univers en l’espace d’une nuit. La ville est aussi plus riche. Moins beauf.

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    Notre route part vers l’ouest, au milieu des collines. On atteint Velddrif, sur la côté en fin d’après-midi. Pas franchement ce qu’on imaginait. La mer n’est pas très belle, autour c’est un peu la zone. Le camping est cher. Dommage.

    On a plus d’espoir avec Patternoster. Pour s’y rendre, on prend une route qui coupe par les terres et on est surpris de se retrouver sur une piste dégueulasse au milieu des champs. On pensait en avoir fini avec ça en quittant la Namibie. Mais plus que le sable, ce sont les insectes qui nous font craquer. Des mouches par dizaines volent autour de nos visages et se collent sur la bouche, le nez, les oreilles, à l’intérieur des lunettes, etc.

    L’ancien village de pécheurs s’est rapidement transformé en terrain de jeu pour promoteurs immobiliers. Comme les autres villes côtières qu’on a traversé.

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    On décide de poursuivre un peu pour aller dormir dans la réserve de Cap Columbine – Tietiesbaai.  

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    La réserve est aménagée pour les campeurs. Chacun peut s’installer à peu près où il veut. Abrité comme on peut des rafales de vent, on passe la soirée face à la mer. On voit quelques phoques de temps en temps.

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    La météo est capricieuse et on arrive trempé à Parker’s Town. Comme c’est un port de pêche, on s’est donné comme objectif de s’acheter des fruits de mer ou au moins du poisson. Mais la mission s’avère plus difficile que prévu. Dans les « poissonneries », il n’y a pas grand chose de frais, mais surtout de grands congélateurs comme chez Picard. La moitié des produits viennent d’Asie. Dommage.

    Au camping municipal nous sommes les seuls touristes. Nos voisins vivent ici à l’année, dans des tentes ou des caravanes hors d’âges.

    Jusqu’à Yzerfountein, on suit une voie rapide. De longues lignes droites monotones, ventées ponctuées d’averses. Même programme le lendemain pour atteindre Melbosstrand. Heureusement qu’on voit des animaux de temps à autre le long de la route.

    Plus on approche du Cap plus le niveau de vie augmente. Belles voitures, belles maisons, cyclistes aux vélos hors de prix. Les gens courent, font du surf, jouent au golf, etc.

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    En face de nous, la Table Mountain et la ville du Cap. Sur la droite, à quelques kilomètres, Robben Island.

    On entre dans Cap Town par la zone industrielle. Un mélange de hangar réhabilité et d’autres encore à l’abandon. On continue de longer la côté et on s’arrête sur le Waterfront. Cette partie du port a été réhabilitée et propose un centre commercial et les restaurants qui vont avec. Tout est tourné autour de la consommation et l’ensemble sonne faux.

    On est arrivé.

    Ce n’est pas aussi émouvant que notre départ. Pas de ligne d’arrivée. Personne ne nous attend. Et pourquoi d’ailleurs dire que c’est ici que l’on termine? Et pas 100m avant ? Ou 10 kilomètres plus tard? C’était plus simple pour le départ.

    Ce soir on dort chez Paul et Sophie, un couple qu’on a croisé quelques jours plus tôt. La route qui mène vers Hout Bay est magnifique.

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    Les villas et appartements sont de plus en plus luxueux. On n’avait encore jamais observé une telle concentration de richesse.

    On passe le weekend avec Paul, Sophie et leurs 3 filles.

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    On partage leur quotidien et ils nous font découvrir les environs et nous présentent leurs amis. Marché de nuit, balade en forêt, piquenique dans un vignoble, surf dans les vagues de l’océan indien (avec un phoque).

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    Le top.

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    On visite Cape Town. Certains endroits sont vraiment beau. Ca nous fait changer l’idée qu’on se faisait de cette ville en arrivant.

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    Le dimanche 11 septembre, Seb, le frère de Nico atterrit au Cap. On a prévu de prolonger un peu le périple en famille. On  prend 2 jours pour visiter la ville et faire la traversée de la Table Mountain jusqu’au jardin botanique avant de reprendre les vélos.

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    La météo est de notre côté. Pas de vent cette fois pour rejoindre Hout Bay. L’eau est turquoise est toujours aussi transparente. On aperçoit quelques phoques mais pas de baleines. Passé Hout Bay, on attaque la Chapman’s Peak road. A flanc de montagne, la route sinueuse surplombe la baie. Grandiose.

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    On redescend ensuite tranquillement sur Noordhoek Beach, une interminable plage blanche avec ses vagues régulières. La visibilité est si bonne qu’on peut parfois observer des requins depuis la route.

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    En fin de journée, on arrive à Fish Hoek. On est loin de la banlieue du Cap. C’est beaucoup plus populaire. Le camping municipal est derrière la voie ferrée.  Un espace de la taille d’un terrain de football entouré de grillage. Les seuls clients sont des résidents de longue durée. Une mère et ses 2 enfants. Un jeune couple expulsé qui sous loue la parcelle d’Anton, la cinquantaine. Ce dernier ne se déplace qu’en voiture, même pour des trajets inférieurs à 30 mètres. Comme on est arrivé après la fermeture de l’accueil les choses sont assez compliquées. Anton nous propose alors de nous installer sur sa parcelle, en sous-location.

    On entre à Simon’s town en longeant la base navale et ses navires de guerre. Les façades victoriennes et la météo incertaine rappelle davantage l’Angleterre que Captown, quelques kilomètres plus au nord.

    On aperçoit nos premiers pingouins avant de nous installer au camping, désert en cette saison.

    On laisse nos affaires et on part pour la journée au Cap de Bonne Espérance. La route est assez vallonnée et le vent souffle sans discontinuer.

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    On longe la côté en marchant pour atteindre Cap Point, point de rencontre entre les 2 océans. Près de 6°C d’écart de température moyenne entre les 2 océans et un courant 4 fois plus fort côté océan indien.

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    Sur le retour on recroise une famille d’autruches.

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    Visiblement la jeune femme qui prend la femelle en photo, à 2 mètres de distance, n’a pas entendu les mêmes histoires que nous au sujet de ces animaux! Beaucoup de personnes nous ont mis en garde. L’animal peut attaquer subitement en donnant des coups de griffes dans l’abdomen. Il est conseillé de s’allonger sur  le sol et de se laisser piétiner ! Ca peut être long…

    Avant de quitter  le parc, on devine quelques élans du Cap, la plus grande antilope du continent.

    On prend la pluie toute la nuit. Au matin, on ne sait toujours pas si c’est une bonne idée de partir. Où s’abriter s’il doit repleuvoir comme la nuit passée? Après 2 heures d’hésitation on s’était décidé à lever le camp quand une nouvelle averse vient nous rincer. On rend les armes. Pas de vélo aujourd’hui.

    On prévoit de traverser False Bay. Et comme on le redoutait ce n’est pas l’étape la plus marrante. Passé St James, on prend encore un vent de face sur des routes assez étroites. L’horreur. Arrivés à Strand, on décide de s’arrêter au camping municipal et ce soir encore c’est une vraie galère. Il aurait fallut arriver avant midi pour s’enregistrer. Pratique. Et ce soir, il est impossible de discuter avec les gardiens. On finit par atterrir dans un endroit qui ressemble à un camping où les autres clients vivent à l’année.

    La route redevient intéressante le lendemain.

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    Montagne verdoyante sur la gauche, et eaux claires et calmes du côté de la baie, où l’on tente d’apercevoir des baleines.

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    Plusieurs surfeurs s’élancent dans ces vagues de plusieurs mètres. Depuis la route, les « sharkwatchers » scrutent les environs à la recherche de requins, prêts à donner l’alerte.

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    On arrive à Hermanus le lendemain en fin de matinée. C’est parait-il l’endroit idéal pour observer les baleines. Et en effet, 2 minutes après s’être installé sur le promontoire à côté du port on voit un dos émerger des flots. Enfin! Quelques évents, des bouts de queue mais rien de très spectaculaire non plus. On est un peu déçu. D’autant que d’après les guides c’était l’endroit le plus propice.

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    On plante la tente de l’autre côté de la baie, à Gansbaai, et sur les conseils du gérant du camping on part se balader sur le chemin côtier.  « Baleines assurées » affirme-t-il. Et c’est vrai. A moins de 100m du bord. On voit clairement les queues sortir de l’eau. Bières en main, on assiste au spectacle.

    On met 2 jours pour atteindre la réserve de De Hoop. Obligés d’emprunter à nouveaux des pistes. On pensait en avoir terminé avec ça pourtant. Désormais tous les espaces ou presque sont cultivés. On retrouve le bush en nous rapprochant de la réserve. La piste grimpe à la manière de montagnes russes et on est content d’arriver devant la guérite. Alors qu’on commençait à discuter avec le garde, Nico remarque un énorme serpent multicolore qui traverse la route! Le gardien n’est pas rassuré et nous explique qu’il n’a jamais vu un serpent pareil!

    Depuis l’entrée on domine toute le parc. Une dizaine de kilomètres de bush nous séparent des dunes et de la mer. La descente est raide (et dire qu’il va falloir repasser par là au retour!).

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    Une fois dans la plaine on est entourés d’animaux.

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    Un groupe de pélicans nous survole. Autruches et antilopes en tout genre. Des dizaines d’élans du cap. Enormes. La taille d’une vache ou d’un cheval.

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    L’espace de camping se trouve un peu à l’écart de l’hôtel, face au fleuve.

    On part de bonne heure vers les dunes et le point d’observation des baleines franches australes. L’endroit est magnifique.

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    La côte accidentée est recouverte par des dunes de sable blanc qui plongent dans une mer turquoise agitée par le vent.

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    Et les baleines sont au rendez-vous.

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    Elles semblent toutes prendre la même direction. On poursuit notre balade lorsqu’on voit les premiers individus sauter. Impressionnant. Difficile d’apprécier la distance qui nous sépare, mais on peut observer ces monstres de 18 mètres et 80 tonnes très distinctement. Il y en a partout!

    On quitte le parc au petit matin en direction de Swellendam, à 60km de piste.

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    Une dernière randonnée vers le mont Twaalfuurkop et il est temps pour Seb de reprendre un bus pour Cap Town.

    On prend un bus nous aussi mais en direction opposée, vers George. Il n’y a que la nationale pour rejoindre cette ville et ça ne nous enchante pas du tout.

    On remonte sur nos vélos et on prend la route qui passe par Dolphin Point. Comme son nom l’indique, c’est un point d’observation de dauphins. Donc on pose les vélos, on regarde l’océan, et pas plus de 10 secondes plus tard, voilà les dauphins. Des centaines! C’est fou.

    On n’est pas gâté avec le temps et on a encore 50km de nationale sous la pluie avant d’atteindre Knysna où l’on s’offre un super diner aux fruits de mer et poisson frais.

    Toujours de la nationale pour gagner Plettenberg bay. C’est une station balnéaire très développée. Parmi les activités proposées, on repère le kayak avec les baleines. Génial. On décide de s’improviser tout ça en louant un canoë. On récupère l’engin dans un étang avec la ferme intention de passer l’embouchure et de gagner le large. En tout cas, vue depuis les hauteurs de la route, la stratégie à l’air parfaite. Certes il y a un petit peu de vent mais bon…

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    Arrivés au niveau de l’étang, les choses ne se présentent pas de la même manière. Au niveau de l’embouchure les vagues sont tellement grosses qu’on hésiterait même à y aller en surf, et le vent est tel que les planchistes ont le sourire jusqu’aux oreilles. On n’a pas encore traversé le lagon qu’on a déjà mal aux bras et au dos. Petite balade sur le banc de sable et retour à la maison.

    Nature Valley n’est qu’à 30km de là. On quitte la route principale pour redescendre vers la mer. La végétation devient de plus en plus luxuriante pour ressembler à une véritable jungle au bord de l’eau. Alors qu’on se met en quête de l’emplacement de camping idéal, on tombe nez à nez avec une espèce de biche. Des groupes de babouins ont aussi pris possession des lieux.

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    Une fois installés, on part se balader sur le bord de mer. Les vagues sont impressionnantes. En quittant la plage, la poursuite du chemin de randonnée devient dangereuse à cause de la marée haute et des vagues.

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    On fait demi-tour.

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    De retour au camping on constate que notre tente est ouverte. Les Tupperwares ont été forcés et la nourriture a disparu. Les babouins. On aurait dû faire plus attention.

    On quitte le site par la route fermée qui part vers l’est. Cette décision risquée s’avère être un bon choix puisque ça passe en vélo. On est seul, les paysages sont très beaux et le raccourci est de plus de 25km!

    Avant d’arriver à Stormriver, on a quelques kilomètres d’autoroute et le passage sur le pont de Bloukrans, réputé pour son saut à l’élastique de plus de 200 mètres.

    On laisse nos affaires à la Guesthouse et on descend vers le parc, pour une dernière balade. On est surpris du nombre de touristes et de campeurs. On retrouve un peu de calme en s’éloignant du pont suspendu.

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    Pour retourner sur Cap Town, on a opté une nouvelle fois pour le bus avec la compagnie Intercape. ils sont chers mais ça s’est toujours bien passé avec les vélos. On a rendez-vous à 23h sur une station-service à 20km de notre guesthouse. L’idée de rouler de nuit sur la nationale ne nous enchantait déjà pas beaucoup mais ce n’est rien à côté de la pluie. 2 minutes après le départ, le déluge commence et on se fait doucher pendant tout le trajet.

    On décide de changer de quartier pour nos derniers jours sur Capetown. Un peu plus à l’est. C’est plus populaire que la côte ouest, mais encore bien plus riche que les townships plus à l’est où vivent 80% de la population.

    Pour notre dernière soirée, on retrouve Paul, Sophie et leurs amis. Dégustation de viande et de vin sud’af.

    Le mardi 4 octobre 2016, en fin de matinée on se rend chez Woodstock Cyclework pour démonter nos vélos et finir les bagages. On arrive à l’aéroport en fin de journée. On achète un peu de biltong et de pinotage pour rapporter quelques souvenirs.

    Le soleil est passé derrière la Table Mountain qu’on devine en négatif. La température est idéale.

    Il est temps d’enregistrer les bagages… et de rentrer en France !

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