• Kirghizistan

     

    Nous sommes arrivés à Osh le 27 octobre au matin, après deux nuits blanches (1 à l’aéroport d’Orly pour emballer les vélos, l’autre à cause de notre trajet à 3 escales entre Paris et Osh).

    Lors du contrôle des passeports, on nous fait passer devant tout le monde parce qu’on est touriste. C’est très gênant mais difficile d’expliquer pourquoi on veut refuser quand on ne parle pas un mot de Kirghize. Alors on passe devant tout le monde.

    On met quelques heures à remonter les vélos, pendant lesquelles de nombreux officiers et passants viennent nous demander le prix de nos vélos.

    aeroport osh

    Sur la route de l’aéroport à Osh, nous voyons des ramasseurs de cotons.

    On arrive en ville par la route principale. Le trafic et l’activité humaine se densifient peu à peu. Il nous faut passer plusieurs carrefours avant de commencer à cerner les règles de circulations.

    Les quartiers ou les mètres de trottoirs sont regroupées par métiers. Les scieries, les ateliers de réparations, les quincailleries, la constructions, etc. A cela se mélangent les odeurs de nourritures : viande grillées, pains, beignets de viande, etc. Et d’autres bien moins agréables. Les rivières semblent également servir aux eaux usées.

    On arrivent rapidement dans le Bazar. Un peu par hasard. On est entré par le coin de fruits et légumes. On nous offre des pommes.

    Oubliez les images de marché aux épices d’Istanbul, ou le souk de Marrakech. La zone des fruit et légumes, c’est des stands à même le sol ou presque autour d’un immeuble en ruine.

    La circulation est difficile. Les passages étroits, d’un mètre ou deux de large maximum, et rempli de monde. On voit des hommes qui poussent des remorquent et parviennent à se frayer un chemin. La foule s’écarte et se referme après leur passage. On décide de poursuivre et traversons finalement le Bazar (il a été un des plus vastes au monde à son apogée).

    bazar osh

    Il nous aura bien fallu plus d’une heure pour venir à bout du bazar et terminer dans un petit restaurant. Premier repas local. Ne parlant pas un mot de kirghize on prend la même chose que les autres clients en montrant les plats.

    La ville en elle-même n’a pas grand intérêt si ce n’est un dépaysement immédiat. Un voyage dans le temps dans un des satellites de l’URSS. Les bâtiments sont tous plus ou moins branlants.

    Après nos 2 nuits blanches on décide de pousser vers le parc pour une petite sieste. On passe devant un vieux parc d’attraction à l’abandon le long de la rivière qui traverse la ville. Certains y pèchent. La plupart y jettent leurs ordures.

    Le parc est fermé car en travaux. On aperçoit une statue de Lénine de l’autre côté. On s’y dirige.

    Lénine fait face à un bâtiment officiel et à des centaines d’enfant de 8 à 15 ans qui bougent chantent et dansent en fonction des directives venues du pied de la statue. Il s’agit d’une répétition pour la fête de la ville. Ça nous fait penser aux cérémonies en Corée du nord…

    fete communiste osh

     

    Notre plan hébergement tombe à l’eau. On s’est vraisemblablement trompé sur le numéro de téléphone…

    Après plusieurs tentatives, 2 étudiants nous guident avec succès vers une auberge. Après une bonne nuit nous sommes d’attaque.

     

    Départ à 13h30 après un repas à la sortie de la ville : Nous mangeons des Samsas : espèce d’empanadas rempli de mouton et surtout de gras de mouton !

    DSC00651

    Pas possibilité de se tromper d’itinéraire, il n’y a qu’une route.

    On passe très vite de la ville à la campagne. Nous roulons 40km de montée régulières (800m de dénivelé). Les enfants nous interpellent avec des « bye-bye » ou courent à côté de nous.

    charette

    Lors d’un ravitaillement dans une épicerie, nous demandons à un jeune ce que nous pouvons faire de nos déchets (nous ne voyons jamais de poubelles). Il nous fait comprendre en rigolant que c’est le Kirghizstan ici et pas la France et mime le geste de les jeter par terre. (les bords de route sont jonchés de déchets en tout genre). On se rappelle alors que l’auberge vantait son Wifi et sa poubelle sur sa devanture…

    Nous trouvons un lieu de bivouac au-dessus de la route. Nous faisons une compote avec l’ensemble des pommes qui nous ont été donné le long de la route.

    Il fait encore 8°C dans la tente ce soir-là.

    1er bivouac

     

    10H, on repart. Toujours du faux plat puis une vraie montée après 1 heure, premier col à 2300m puis grande descente. Il fait très chaud (surtout dans les côtes !), mais les kirghizes sont toujours en manteau quel que soit la température !

    gulcha river

    Après 60km on s’arrête près d’une rivière (1790m d’altitude) pour bivouaquer. On s’y douche, ou plutôt se frotte avec un gant mouillé. Elle est glacée.

    2eme bivouac

     

    Le lendemain, départ à 9h (c’est de mieux en mieux !), avec un bon faux plat et le vent de face. Un coup dans les jambes… Les paysages sont de plus en plus beau.

    montagnes rouges

    Les camions et voitures klaxonnent (trop) pour s’annoncer avant de se déporter pour nous doubler.

    Un proportion importante de voitures kirghizes ont leur volant à droite, ce qui est toujours surprenant.

    montagnes rouges 2

    arc

    Nous arrivons dans un village où nous pensons camper quand quelques enfants viennent nous proposer de dormir chez eux. On accepte. Une horde d’enfants arrivent. On sort nos boites à musique, notre map-monde gonflable. Gros succès également avec l’appareil photo. On leur offre des stylos. La jeune fille trouve un bracelet Ipergay dans les affaires d’Anaïs. Elle demande à l’avoir dans ses cheveux !! En échanges elle se met à faire une tresse africaine à Anais.

    groupe ak bosogo

    enfant ak bosogo

    Nos hôtes sont une ado de 14 ans et son petit frère de 10 ans. Les parents sont à Sary-tash, quelques kilomètres plus loin sur notre route. Ils ne rentrent pas souvent (d’après ce qu’on comprend).

    On nous sert un thé avec du pain (raci) et du beurre (rance) avec du sucre. Difficile de ne pas faire la grimace lors de la première bouchée (et des suivantes). La maison est très modeste (2 pièces, un poêle, l’électricité qu’on allume en faisant se toucher les fils… et bien sûr pas de toilettes). L’ambiance nous rappelle le film les « 3 sœurs du Yunnan ».

    Dès qu’on veut sortir de la maison (prendre des affaires ou aller aux toilettes), le jeune ou sa sœur nous suivent.

    On partage un repas dans un plat commun (des patates que nous avons préparé ensemble). On arrive à communiquer tant bien que mal avec des gestes, des mimes et quelques mots en russes (surtout les mimes donc, avec les enfants c’est facile).

    repas ak bosogo

     

    Après une bonne nuit malgré l’atmosphère enfumée (les patates ont cuit dans un wok sur un poêle alimenté en petit bois et bouses séchées), le petit déjeuner ressemble malheureusement au gouté. Le beurre est toujours rance et le pain n’est pas plus frais. Petit bonus, les boules de fromages que notre hôte nous invite à croquer. Après quelques tentatives elle décide d’utiliser un marteau pour les casser. Après elle, Nico est obligé de s’y prendre à 2 fois pour en éclater une… côté goût, on n’était pas vraiment préparés… définitivement un fromage d’homme (kirghize).

    Départ à 8h45. On ne regrette pas d’avoir dormi chez l’habitant. Les flaques d’eau sont gelées autour de la maison. C’est le grand jour. Celui du col le plus haut que nous devons gravir au Kirghizstan. 3615 mètres. Après plusieurs heures d’effort nous arrivons au sommet. Une voiture s’arrête, le conducteur nous donne des pommes et nous demande de prendre sa femme et son bébé en photo !

    haut 3600

    Nous entamons ensuite une grande descente jusqu’à Sary Tash avec des paysages magnifiques sur les montagnes du Tadjikistan.

    Nous nous arrêtons pour déjeuner dans un restaurant au bord de la route. Des Kirghizes conducteurs de camions plein de charbon prennent Nico en photo et lui offre du coca.

    A Sary Tash, un attroupement se fait autour de nous : Il y a des Kirghizes et des Chinois. Tout le monde veut nous prendre en photo. On nous offre des pommes du coca et des gâteaux.

    station essence sary tash

    Nous continuons notre route vers la frontière. Les paysages sont sublimes. Nous roulons sur un plateau à 3000m d’altitude et les montagnes qui forme la frontière avec le Tadjikistan s’élèvent encore bien haut. 4500m pour les plus modestes et plus de 6500m pour les plus hautes. C’est impressionnant.

    pleine sary tash

    A 17h30 nous nous arrêtons pour bivouaquer, après une journée de 40km et 1000m de dénivelé.

    Nous ne dormons pas très bien en raison de l’altitude et de la fraicheur : au coucher il fait 2 degré dans la tente et nous savons que cela baissera.

    bivouac sary tash

    Au réveil, la tente est givrée, les bouteilles d’eau gelées. Le temps que tout dégèler/dégivrer, on décolle vers 10h45. Nous avons pas mal de faux plat puis une montée pour passer un col à 3536m.

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    Dans la descente qui suit, nous enregistrons nos records de vitesse : 64km/h pour Anaïs et 74km/h pour Nico. Il fait très froid (0°) et les nuages arrivent. Avec le vent et la vitesse on peut dire qu’on se les gèle vraiment ! Nous descendons pendant près d’1 heure. Arrêtés en cours de route par un poste de contrôle de passeport au fond d’une combe.

    anais plaine sary tash (2)

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    On arrive au dernier village avant la frontière à 16h45 (Nura). Un petit garçon nous propose de dormir chez lui. Nous acceptons.

    C’est une grande maison, bien chauffée. Difficile de dire combien de personnes vivent là. Une dizaine peut-être.

    On nous sert le gouter : confiture de framboise (extra) et d’abricot, des légumes marinés et du pain.

    Nos hôtes ont un petit livre de conversation dans plusieurs langues. Nous sommes installés dans une salle à part. Dans leur salon, un film sur Napoléon passe à la télé avec quelques passages en français sous-titrés en russe. Les personnes de la familles viennent nous voir à tour de rôle. Un jeune de 18 ans parle un peu anglais. Il est fan de foot, du Real de Madrid et de Ronaldo et regarde tous les matchs européens sur youtube via son smartphone (un Samsung Galaxy avec un fond d’écran Apple). Les jeunes trouvent que Nico ressemble à Gareth Bale.

    nura

    On nous sert le repas. Puis nous passons une bonne nuit avec un réveil par l’appel à la prière qui vient de la mosquée voisine ( au Sud du Kirghizstan la population est à grande majorité musulmane).

    Le 2 novembre au matin, la route est couverte de neige et il tombe quelques flocons. Nous roulons jusqu’à la frontière.

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    Nous dépassons des dizaines de camions qui ont passé la nuit sur place.

    camions front kirg

    Coté Kirghize, les formalités sont vites réglées. Côté chinois, c’est une autre histoire ! On nous fouille tous nos bagages, puis on nous indique un taxi (le conducteur récupère nos passeports) pour les 140 km interdit aux étrangers.

9 Responsesso far.

  1. valque dit :

    Merci pour ces premiers moments de votre voyage; Déjà un vrai dépaysement aussi bien du côté des paysages que de la nourriture; A bientôt de lire la suite; Bises. Dominique

  2. philippe NIEL dit :

    Bravo on pense bien a vous
    Bises

  3. Marinou dit :

    Ma Zette, c’est magnifique!! Je vous envoie de la chaleur (vous avez l’air d’en manquer pour l’instant!), et des bisous!
    A bientôt pour suivre vos nouvelles aventures!

  4. Michel Jodar dit :

    Merci a vous de nous faire voyager en votre compagnie sans le froid,et surtout sans le vélo …….. même si les repas ne sont pas toujours top. Courage a vous et encore merci.
    Michel

  5. Berty dit :

    Bien les jeunes!!!
    Courage avec le froid!!!
    La bise

  6. Laetitia dit :

    Hey les aventuriers !! Que de dépaysement avec cette première étape…aller vite je passe au second post (ouai j’ai un peu de retard dans ma correspondance)
    A tout de suite 🙂

  7. bonnafous dit :

    Bravo pour votre début.Quel courage et quelle forme!! Vous devez en prendre plein les yeux et de plus avec ce contact humain , c’est super.Bonne route…

    Bisous Françou

  8. Guillaume ANRS dit :

    C’est magnifique ! Continuez comme ça ! C’est un plaisir à lire et à voir.

  9. Etienne et Charline dit :

    Vous êtes des machines ! Bon courage !

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