• Yunnan

    Shangri-la, le 4 décembre, au matin, il neige toujours mais c’est praticable. Il ne fait d’ailleurs pas si froid. On se met en quête d’un nouvel hébergement. Nôtre hôtel n’était certes pas très cher mais il a commencé à tomber en ruine il y a déjà un moment en plus de ne pas être bien situé.

    Aux portes du Tibet, les chinois ont voulu créer de toute pièce ou presque une ville historique-touristique. On change pour cela le nom de la ville et ZhongDian devient Shangri-la. On construit un aéroport et des bâtiments style ancien. Et le tour est joué !

    La neige a beau donner un certain cachet à cette ville, elle ne nous emballe pas vraiment. La vieille ville n’a plus grand-chose d’historique. Tout est en construction et certains chantiers semblent arrêtés pour l’hiver. Cafés, hôtels, guest-houses, restaurants, boutiques à conneries. Beaucoup sont déjà ouverts. Encore plus sont à venir. C’est plutôt effrayant.

    Après quelques détours, on finit par trouver une auberge : le Deng Ba Hostel. Pour 80 yuans on a la salle de bain dans la chambre, un lit immense à côté d’une baie vitrée qui fait la largeur de la pièce. Très agréable. On s’apercevra un peu plus tard qu’il y a un petit espace entre la vitre et le mur qui fait descendre la température de la chambre à 6 ou 7 degrés. Mais bon. On y est vraiment bien malgré tout. On en profite pour finir l’article précédent sur le Sichuan.

    L’auberge est à proximité des monastères. Il reste encore un peu de neige de ce matin. L’ambiance est sympa et en plus c’est gratuit!

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    DSC02162Un peu plus tard dans la journée, comme on passait à proximité, on est allé voir le Musée de la culture tibétaine (ou un nom du genre). On nous a demandé 180 yuans par personnes. Pour vous donner un ordre de grandeur, imaginez qu’en France on vous demande 80€ pour rentrer dans un musée. Et bien on a fait exactement comme vous auriez fait : on a rigolé, et on est parti !

    Expérimentation culinaire le soir. A deux pas de l’auberge on nous conseille un petit resto. On arrive à 19h, c’est déjà presque complet. On nous laisse le choix entre viande de yak ou poulet. Les autres clients, tous chinois et jeunes, nous suggèrent le yak sans hésiter. Le yak se présente dans une sorte de pot au feu et est accompagné de légumes vert à ajouter soit même au bouillon. On nous apporte également une crêpe épaisse qui s’apparente presque à du pain d’épice (très bon). En plus du classique thé vert comme à chaque repas, on nous amène une autre théière. Un peu surpris d’en voir arriver une deuxième on regarde ce qu’il y a dedans. Au même moment, 2 clientes qui sortaient nous disent « butter tea, very good. It’s better hot ». Bien sûr…

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    D’apparence cela ressemble à de la pâte à crêpe. Bien épais pour du thé. On trinque et on goûte. La quasi-totalité de la salle nous observe, discrètement ou de manière complètement assumée. A vue de nez, les proportions doivent être les suivantes : pour une tasse de thé, ajoutez 40 grammes de beurre de yak et 8 cuillères à café de sucre. Donc même bien chaud… Bref, on éloigne gentiment la théière numéro 2 et on se concentre sur le plat.

    On commence à manger quand le bouillon entre en ébullition (il y a réchaud incrusté dans la table). On ajoute les légumes au fur et à mesure. Beaucoup d’arômes, la yak est bien tendre. On se régale.

    En sortant du resto on voit que le monastère bien éclairé. On décide de récupérer le trépied et on va faire quelques photos de nuit. Le temps de faire les réglages, une violente bourrasque arrive sur la place. Il se met à neiger des flocons ronds comme des billes. Les quelques chinois présents fuient la place. On prend quelques clichés et regagnons l’auberge en vitesse.

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    Très logiquement le lendemain matin, la route est une vraie patinoire. Le froid et la neige ont fait geler le dérailleur de Nico. Limité au plateau du milieu, il est obligé de monter les côtes énergiquement. A l’inverse, Anais se traine un peu aujourd’hui.

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    Les conditions s’améliorent avec le soleil. En début d’après-midi la route est bien sèche et la neige s’est retranchée sur les énormes sommets qui nous font face. La route est vraiment agréable. Enfin un décors de haute montagne. Enième pause photo. On en profite pour jeter un œil au vélo d’Anais qui fait un bruit suspect. Le câble du frein arrière est coincé et freine la roue… depuis ce matin !

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    Ça va mieux pour Anais. Le petit col suivant passe en douceur. On commence à doubler quelques véhicules arrêtés et on réalise qu’il s’agit d’un bouchon monstre de plusieurs kilomètres. Dans un virage à l’ombre, on voit que 2 camions se sont encastrés sur le côté. Un policier nous arrête. Une équipe se charge d’essayer de remorquer le premier camion. En y regardant de plus près on s’aperçoit qu’une voiture est prise en sandwich entre les 2 camions et le mur. Seul le fauteuil du conducteur semble épargné si l’on peut dire. Nous n’aurons pas à patienter plus de 30 minutes avant qu’un passage s’ouvre enfin. De l’autre côté, c’est également des kilomètres de véhicules, moins disciplinés puisqu’ils occupent toutes les voies. En vélo on parvient à se faire un chemin mais pour les voitures la circulation sera impossible avant un bon moment. Traduction, on va être tranquille pendant les kilomètres de descente qui nous attendent.

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    A environ 45km/h on quitte le plateau tibétain à plus de 3000m pour redescendre vers les Gorges du Saut du Tigre, à 1800m. On prévoit de prendre un petite route dans les gorges et de bivouaquer dès que possible. La petite surprise c’est que pour pouvoir pédaler sur cette jolie route il faut payer. 65 yuans par personnes.

    Quelques kilomètres plus tard, Anais trouve une petite terrasse en contre-bas de la route. Herbes hautes et gros cailloux, on est obligé de mettre la tente par-dessus tout ça. La vue est incroyable. On est content de pouvoir bivouaquer à nouveau. Il fait suffisamment chaud pour profiter d’une bière 200m au-dessus du fleuve Yang Tze. « Chaud » s’entend ici par facilement supportable avec sous-pull, polaire, doudoune et bonnet.

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    On découvre un vent frais au petit matin. Nico en a la bouche et les joues comme anesthésiées. Après quelques minutes de vélo on passe devant le premier « viewing spot ». Il faut encore payer pour descendre un escalier et s’approcher du fleuve. On préfère poursuivre la route et on tombe sur 2 cyclos français. Mathilde et Chris. 6 mois d’expérience et 9000km au compteur. On s’échange quelques tuyaux. Ils nous suggèrent notamment un bivouac en or à côté d’un départ de rando.

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    Déjeuner au Tina’s hostel qui se présente comme le centre des gorges. On y laisse nos affaires et partons explorer les sentiers un peu plus haut. On finit par se paumer en tentant un raccourci. On persiste car l’ambiance est sympa. Et évidement plus on avance moins on a envie de faire demi-tour même si l’on voit bien que les traces ne mènent nulle part. Au bout de 1h30, grâce à un savant mélange de chance et de talent (les proportions restent secrètes) on finit par se faire un échappatoire entre les arbuste et les falaises.

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    On suit les indications des français et à la nuit tombante on arrive à une cascade. On traverse la rivière et on monte le camp à l’abri des regards. Comme la veille, le panorama est superbe mais il fait déjà nuit lorsque l’on est fin prêt pour l’apéro.

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    Le lendemain matin on planque nos affaires pour la journée. Cette fois-ci on trouve rapidement le chemin de rando. Il faut dire que le « chemin » est bétonné et aussi emprunté par les voitures. Heureusement on quitte la route au bout de 45 minutes pour commencer réellement la balade. La visibilité est un peu altérée par la brume mais la vue est superbe. Il faut dire que l’on est monté de plus de 1000m. En face, on voit bien les 3 différents plans de montagnes. Les premières s’élèvent directement depuis le lit du Yang Tsé (1800m). Les dernières, enneigées, culminent à plus de 4000m.

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    Après un déjeuner tardif au Tina’s (il n’y a pas beaucoup d’autres choix en fait) on quitte les gorges. Pas beaucoup de possibilités pour bivouaquer en passant Qiaotou. Ce sera finalement un parcelle agricole en jachère. Le principal problème c’est que le sol de la tente n’apprécie pas vraiment les plantes dont les tiges sont coupées à ras. On est donc obligé de se lancer dans un séance de jardinage, de nuit évidement pour arracher tout ce que l’on peut. Le second problème, c’est que les chinois aiment bien cultiver sur des petits monticules. Le matelas n’est pas vraiment droit mais à plutôt la forme d’un S. La nuit n’est pas top.

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    Le lendemain on suit une route assez monotone qui longe un fleuve. C’est très humide et on a du mal à se réchauffer. Le soleil perse enfin lorsque l’on trouve un petit restaurant en bord de route. La pause déjeuner est la bienvenue. Le cuistot travaille avec sa mère et aime visiblement son métier. Comme d’habitude il y a un frigo vitré dans le lequel on fait notre choix et hop, ça part en cuisine. Ce sera aubergines sautées et œufs-tomates-herbes vertes (on ne connait pas le nom de ce légume qui ressemble à un petit poireau mais c’est super bon).

    Les plats sont bons et pas cher. On recommande des aubergines et laissons au cuistot libre cours à son imagination pour nous préparer un plat que nous emporterons pour le repas du soir sous la tente.

    C’est repartit pour 800m de dénivelé. Il fait bien chaud et on est bien lourds (on a fini la deuxième portion de riz qu’on nous avait amené). Arrivés au sommet, on a retenu les leçons des jours précédents et on se met en quête assez tôt d’un endroit pour poser la tente. 17h30, tout est prêt. L’eau chauffe pour le riz, la première bière est ouverte et on peut pour une fois bien profiter du paysage. On est toutefois à près de 3000m et par conséquent dès que le soleil disparait on prend place dans la tente. On relève 3 degrés au coucher.

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    On s’attendait à avoir 20km de légère descente pour atteindre notre destination. Presque. On a bien dû descendre 200m mais pour avoir rapidement le vent en face sur un faux plat. Encore un dernier col surprise et on arrive enfin à Lijiang.

    Située au milieu des montagnes, la ville est réputée pour son centre historique bien conservé. Vous le sentez venir, il va falloir payer à un moment ou un autre. Et le moment se présente assez vite puisque c’est tout simplement l’accès à la vieille ville qui est payant. Des hommes sont postés à toutes les rues qui mènent au centre-ville et demandent un droit de passage. Alerté par les cyclos français dans le gorges on décide de ne pas s’arrêter et donc de forcer, un peu, l’accès. Heureusement les fonctionnaires ne sont pas vraiment zélés. Ils crient, un peu, mais personne ne nous suit.

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    Il n’est pas encore midi quand on s’installe dans un hostel très mignon. On prend la machine à laver d’assaut et nous occupons bientôt une bonne partie du patio avec nos vêtements.

    On sillonne la ville à la recherche d’un restaurant. La partie sud est encore assez préservée de la manie chinoise de tout casser pour reconstruire. Les ruelles sont étroites, les rues pavés de grosses pierres, et il y a souvent des canaux. Les plus belles bâtissent sont généralement des hôtels ou des Guest Houses pratiquant des tarifs très occidentaux. On se laisse tenter par un lieux qui présente de la nourriture à profusion. Chaque cuistot dispose d’un mètre, parfois deux, devant lui pour cuisiner le plat unique qu’il propose. Brochettes de poulpes, haricots fris, pinces de crabes, insectes non identifiés, champignons, tofu à la viande, beignets, etc. Il y a des dizaines de possibilités. On est satisfait de nos espèces de crêpes au choux et à la viande. Le rendez-vous est pris pour le soir même pour de nouvelles expérimentations.

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    On poursuit la balade vers les hauteurs de la ville. Les ruelles commerçantes se ressemblent toutes : vendeurs de bijoux en argent, boutiques de jumbe/yukulele (avec les vendeuses qui jouent plus ou moins bien toujours un œil, et souvent une main, sur leur smartphone), boutiques de biscuits à la fleur (pas terrible), boutiques de souvenir chinois (bourrées de ramasses poussière en tout genre). A mi-parcours, sur la place centrale, on ne voit plus trop ce qu’il y a d’historique dans cette ville. KFC est coincé entre Mc Donald’s à gauche et Pizza Hut à Droite, ce dernier étant juste en face d’Haagen-Dazs. Une musique indéfinissable provient de quelques bars branchés (on imagine). On fuit, toujours en direction du sommet. On suit les flèches qui indiquent le temple mais arrivés devant l’entrée, surprise : il faut payé. On continue donc, en espérant enfin pouvoir profiter de la vue sur la vielle ville. En haut, une ruelle part sur la gauche mais on devine une guérite. On ne se rappelle même plus combien on nous demande. On se souvient juste s’être un peu demandé qui accepterait de payer un tel montant une énième fois.

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    Ce côté touristique surdéveloppé nous fatigue un peu. On a vu ce qu’il y avait à voir et on n’a pas envie de trainer ici. On reprend donc les vélos le lendemain matin. On avait dû dévier de notre route nord-sud pour rejoindre Lijiang. Pour poursuivre notre voyage on va retrouver cette route mais grâce à l’autoroute cette fois. Ils ont fait des ponts, des tunnels, on se dit que ça va aller bien plus vite que lors de notre arrivée.

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    Si le passage du premier tunnel se passe bien, ça se complique un peu au niveau du péage. Heureusement, les policiers ne se pressent pas trop pour arriver vers nous. On en profite pour accélérer et hop, on est passe ! On entend bien quelques sifflets mais personnes à nos trousses. Parfait. Au bout d’une heure on entre dans un tunnel de 7km, en descente. 40km/h, génial. En sortant par contre, ce n’est plus la même. Gros vent de face. La pente est similaire mais on n’atteint péniblement plus que 15km/h. Si physiquement c’est déjà dur, dans le tête c’est presque pire. Quand on monte au moins on sait qu’il y aura une descente après l’effort. Mais avec le vent, c’est juste dur. Vers 16h, on craque. On voit un trou dans le grillage et on décide de sortir de l’autoroute pour trouver un bivouac. Mission accomplie vers 17h après quelques tâtonnement. Ce soir c’est dans une ancienne carrière et/ou mine on ne sait pas trop.

    Au réveil, notre tente est encore toute givrée. On a beau descendre, les températures n’augmentent décidément pas !

    L’objectif du jour c’est d’aller déjeuner à Shaxi. Il parait que ce village, sur une route commerciale historique, a gardé son côté traditionnel. Le vent est plus matinal que nous et nous accompagne comme la veille. Moralement c’est dur car notre route reste dans la même vallée pendant encore quelques jours. Et que plus ça va, plus les crêtes des collines sont couvertes d’éoliennes…

    Comme tous les vendredis à Shaxi c’est jour de marché. On y découvre des stands « normaux », puis d’autres plus atypiques : vendeurs de prothèses dentaires, de cheveux … Le village est à taille humaine et authentique. Cela en fait un endroit agréable.

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    DSC02516Apres déjeuner, nous prenons la route pour Dali, d’abord bétonnée puis pavée, elle se transforme rapidement en un chemin. Même si c’est dur de pédaler sur ce type de terrain, c’est plaisant de se retrouver sur une « route » calme, loin des camions et de leur klaxons.

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    Apres 600m de dénivelé environ, nous plantons la tente dans une forêt de pins. Nous sommes à 2800m d’altitude et une nuit fraiche s’annonce.

    Le lendemain, nous passons le col puis redescendons dans la vallée par le même type de route. Le chemin est tellement cabossé qu’il est impensable de s’assoir sur la selle. Les bras et les mollets souffrent un peu, d’autant que cela fait des semaines que nos bras ne travaillent plus trop ! Après plus d’une heure de descente nous retrouvons le bitume, et depuis un petit village, une route surélevée nous permet de regagner la route principale en survolant des cultures. Il y a autant de vent que la veille… et toujours de face. On trouve un petit restaurant en bord de route. « Petit » a ici plusieurs sens au vu de la taille de la table et des « bancs-tabourets ».

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    On mange bien et on décide de demander à la chef de nous remplir notre Tupperware de champignons et poivrons sautés. Au passage c’est une des rare fois ou les gens qui travaillent dans le restaurant ne se retrouvent pas à manger en même temps que nous. Ça nous avait un peu surpris au début.
    DSC02545En fin de journée, nous arrivons au nord du lac Erhai. Plus aucun doute ici, le riz est la culture dominante. Il y en a de chaque côté de la route. De temps en temps, on remarque d’autres plantations de légumes locaux inconnus.

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    Nous trouvons un endroit pour camper, un petit espace libre entre les champs cultivés et des tombes, avec vu sur le lac.

    Le 13 décembre, après avoir pris le temps d’apprécier le lever de soleil sur le lac, nous pédalons jusqu’à Xizhou, que nous traversons pour rejoindre la route en bord de lac. Le vent a encore forci et vers la fin du trajet nous verrons de petites tornades emportant de petites branches dans les airs.

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    Sur cette route, nous croisons beaucoup de touristes chinois qui ont loué un scooter pour faire le tour de l’ile. Si les paysages sont agréables, on note que ce qui retient l’attention des « touristes locaux » c’est des endroits que l’on qualifierait d’un peu cul-cul ou encore de « beaux hôtels tout neuf » plus que des bâtisses authentiques.

    DSC02591Nous atteignons la vieille ville de Dali en début d’après-midi. C’est une ville touristique chinoise mais qui a réussi à garder son charme, d’après nous, comparé à Shangri-la ou à Lijiang. Les commerces sont plus diversifiés qu’à Lijiang. On a même l’occasion de craquer pour une gaufre belge dans un petit café (vraisemblablement tenu par un belge).

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    Nous trouvons un auberge agréable et passons l’après-midi à découvrir la ville et ses portes. La météo est assez étrange. Les nuages que l’on voyait menaçant venant des montagnes dès le matin n’ont pas bougé d’un centimètre alors que le vent aurait dû les rabattre sur la ville. L’ambiance est à l’orage qui n’arrive jamais.

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    En fin de journée, en rentrant vers l’auberge, on reconnait la petite musique de noël qui signale l’arrosage des rues. Cette fois-ci il s’agit des éboueurs, ou plutôt du camion de poubelles. La musique donne le signal aux habitants qui ont quelques secondes pour vider leurs ordures dans la benne. L’arrêt est court mais il ne sont pas vraiment pris au dépourvu : en effet la musique est tellement forte (et entêtante) qu’ils disposent de 5 bonnes minutes pour réagir… On plaint sincèrement le conducteur.

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    Le lendemain, nous nous rendons à la nouvelle ville de Dali, située à 15 km de là pour prendre un bus pour Kunming. Le bus que nous devons prendre part à 11h (d’après nos billets), mais vers 10h15, nous voyons un bus avec la même destination que la nôtre (nous reconnaissons les caractères chinois pour « Kunming »). Au final, nous embarquons dans ce bus qui partira à 10h25, sans savoir si c’est le bus de 10h qui a du retard ou celui de 11h qui a de l’avance ! La seul chose qui est sûre c’est que le chauffeur nous voulait à bord. Il lui restait 2 places assises et surtout de l’espace dans sa soute…à revendre, au black évidement. Il nous demande 200 yuans et après discussion nous nous accordons sur une somme équivalente au prix d’un passager (et même un peu plus) qui atterrit directement dans son portefeuille (et sans se cacher).

    Vers 12h30, le bus s’arrête sur une aire d’autoroute, et tout le monde est prié de descendre. C’est la pause déjeuner, donc notre chauffeur va déjeuner ! Il revient 40 minutes plus tard, alors que tout le monde l’attend devant le bus. Ça nous rappelle une histoire que nous racontait les 2 français : lors d’un trajet en bus de nuit, leurs 2 chauffeurs se sont arrêtés devant un hôtel et y ont passé la nuit avant de repartir le lendemain matin.

    Nous arrivons vers 16h dans la grande ville sans charme de Kunming.

    Nous ne nous sommes pas attardé dans cette ville que nous avons trouvé sans grand intérêt. On en a pas vraiment cherché non plus. On avait en tête de passer la frontière au plus vite. Pour ça, on se rend rapidement à la gare, le train étant, d’après le réceptionniste de l’hostel, le meilleur moyen de rejoindre Hekou, à la frontière chinoise. Après avoir compris que nous ne pouvions pas mettre les vélos dans le train pour Hekou (cela a pris environ 30 min de discussion avec le personnel de la gare), nous avons décidons de nous rabattre sur le bus.

    Apres une nuit dans une « auberge de jeunesse de masse », c’est-à-dire très grande, chère et sans charme, nous avons pris direction la gare routière Est de la ville. Heureusement, nous avions prévu large niveau horaire, car cela n’a pas été simple ! Apres être sorti du centre-ville, il nous a fallu rouler sur une 6 voies, puis traverser un terrain vague pour récupérer une 4 voies, prendre une autre 4 voies à contre sens pendant quelques centaines de mètres avant de trouver la petite route qui menait à l’entrée de la gare routière.

    Bref, on y arrive après un bonne heure !

    A la gare routière, on est dispensé par la sécurité de retirer nos sacoches des vélos pour les passer au scanner. Après négociation du tarif de la soute pour les vélos avec le chauffeur, pas du tout agréable, on monte dans le bus. Cette fois encore, vers midi, le chauffeur prend sa pause déjeuner dans une station-service. On l’attend sagement.

    On change radicalement de décors pendant ces 300km. On passe de 2000m d’altitude à 300m environ à la frontière. La route passe devant le site de Shillin et sa forêt de pierre. La végétation devient de plus en plus dense et il fait de plus en plus humide.

    Arrivé à Hekou, après un rapide tour dans la ville frontière, nous retournons à la périphérie pour poser notre tente entre des arbres à caoutchouc (et des moustiques).

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    Nous sommes réveillés pendant la nuit par une pluie dense et au matin, aucune amélioration n’est à espérer. Nous enfilons veste, surchaussures, et surpantalon pour nous rendre au poste frontière.

    Pendant que nous changeons notre argent, quelques touristes chinois se prennent en photo devant nos vélos.

    Les formalités de sortie du territoire chinois sont simples et rapide, et celles d’entrée au Vietnam sont de même.

    Fini la Chine… et good morning Vietman !

4 Responsesso far.

  1. céline dit :

    Coucou,
    bonne chaleur (humide) et notez les bons plans pour un noël au Vietnam, je suis preneuse !
    Bisous
    Céline

  2. Berty dit :

    Joyex noel les enfants, content de voir que voir que tout va bien et que les trajets sont plus sympa/simples qu’avant Shangri-la!!
    Beco

  3. Thérèse dit :

    Joyeux Noel
    Cette année le père Noel vous a apporté la liberté et la découverte.
    Une soirée un peu spéciale loin les uns des autres.
    Profitez bien de tout.
    Mille pensées et joyeux Noel
    La famille.

  4. LE GOAL Maryline dit :

    Bonne fin d’année, vous serez en 2016 avant nous, au Soleil Levant !
    Bises, enjoy !
    Maryline

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