• Sur les routes Vietnamiennes

    Nous rentrons donc au Vietnam sous la pluie.

    Nous notons rapidement de grandes différences avec le voisin chinois : les infrastructures sont moins développées, moins de choix dans les « supermarchés », les Vietnamiens sont plus avenants.

    Le nord du Vietnam est vert et vallonné, avec beaucoup de cultures de riz dans lesquelles on peut voir des buffles.

    Nous dejeunons dans un petit bouiboui le plat du jour.

    Comme à chaque fois que l’on passe une frontière, il faut re-prendre des repères pour la nourriture : ici, plus de frigo où on peut choisir les aliments qu’on souhaite manger, et dans les superettes, plus de chocolat « dove » et de cookies ! On passe aux « choco pie », des petits gâteaux au chocolat que l’on trouve partout et qui n’ont pas beaucoup de concurrents.

    Nous prenons ensuite la route, et rentrons sur l’autoroute. Au bout d’une dizaine de kilomètres, on arrive au péage où on nous demande de sortir. On prend la «nationale » qui traverse beaucoup de petits villages. Les maisons sont toutes en longueur, avec une façade très étroite qui donne sur la route.

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    Les Vietnamiens sont très agréables : ils nous sourient, nous font coucou ou nous interpellent avec des « hellos ».

    On traverse le village de Pho Lu, dans lequel on fait quelques courses, puis on continue notre route. La sortie du village est très délicate : il s’agit en fait d’un champ de boue dans lequel tout type de véhicule s’embourbe. Un mauvais timing et Nico se retrouve bloqué avec quelques motos derrière un camion. Tout le monde essaie de se sortir tant bien que mal de cette gadoue.

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    Quelques kilomètres plus loin, on trouve un lieu pour bivouaquer, à l’écart de la route dans un endroit où les vietnamiens font sécher de fines planches de bois.

    Tandis qu’Anaïs s’affaire à essayer de faire sécher la tente, Nico prend les vélos tout boueux pour les laver dans la rivière en contre-bas. Un vietnamien vient à sa rencontre et l’aide à laver les vélos après avoir jugé sa méthode peu efficace.

    Après une nuit assez humide, mais sans pluie, on range la tente. Alors que nous partons, 2 vietnamiennes d’humeur joviale arrivent pour travailler. Elles essaient de communiquer avec nous mais cela se limite finalement à des sourires. Il n’est pas encore 8h, et leur boulot du jour consister à faire tenir les petites planches que l’on voit partout, les unes en appuis sur les autres pour les faire sécher. Pour le séchage on est un peu perplexe compte tenu de l’humidité ambiante.

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    Tout au long de la journée, nous essayons de répondre aux centaines de « hello » qui fusent des maisons, des champs, des personnes sur la route. Nous apprécions beaucoup ce contact humain, bien qu’éphémère, que l’on n’avait pas eu en Chine. Les regards que le gens nous portent sont généralement bienveillants, au pire indifférent.

    Dans une ville de taille moyenne, il y a un grand supermarché, ou on ne trouve finalement pas grand-chose à part de la vache kiri (de la française, et son homologue vietnamienne). Il n’y a que des produits emballés (biscuits, sucrerie, huile, boisson…) mais aucun véritable aliment. Pour le riz, les fruits et les légumes, il faut aller au marcher.

    La route est toujours aussi vallonnée et les paysages très beaux. On a une impression de calme que l’on rarement en Chine. On passe nos journées à monter puis descendre ce que l’on vient de monter. Du coup, on reste toujours plus ou moins au niveau de la mer.

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    Vers 17h, alors que nous allons installer notre tente en contre-bas de la route, un vieil homme s’approche de nous et nous observe. Il finit par nous parler et l’on comprend qu’il y aurait un endroit mieux un peu plus loin. Nico le suit. Il s’agit en fait de sa maison, et il nous propose de dormir dans un lit chez lui. Nico essaie de lui expliquer qu’un espace dans la cour conviendra parfaitement… ce sera le lit.

    La maison est une bâtisse rectangulaire et la pièce à vivre occupe les ¾ de l’espace. Un lit sur la gauche, le nôtre, une table basse et 2 « canapés » au centre, derrière, un grand buffet dont on comprendra plus tard qu’il s’agit d’un espace à la mémoire des anciens, et enfin à droite, son lit. En ajoutant une vielle télé, un frigo qui n’est pas allumé et une petite penderie, je pense que l’on a rien oublié.

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    Pour rejoindre la cuisine il faut sortir de la maison et longer la cour. Il y a un espace pour faire le feu, et juste à côté, une « salle de bain ». Cette dernière pièce doit faire 1,60m, peut-être 1,70m au point le plus haut. L’endroit est occupé par une poulet et sa dizaine de poussins qu’il a fallu faire sortir et mettre dans un panier pour prendre notre première douche Vietnamienne. Douche est un bien grand mot, vu qu’on se lave avec une bassine d’eau !

    Notre hôte vit seul depuis la mort de sa femme et est l’ainé d’une fratrie de 8 enfants. A ce titre il a la responsabilité de la mémoire de la famille et de l’hôtel des ancêtres.

    On a accès à sa cuisine pour se faire à manger. On rate, et le mot est faible, la cuisson de notre riz, qui devient gluant. Notre omelette aux tomates à la casserole est un lamentable échec. Vue la tête de notre ami, il n’a jamais vu du riz comme ça. On l’a acheté la veille au marché, et il se comporte très différemment à la cuisson par rapport à celui qu’on avait acheté en Chine.

    Réveil à 6h. Le rituel de notre hôte est bien rôdé. Un des premiers gestes consiste à fumer quelques lattes sur une pipe à eau. L’eau est mise à chauffer et il profite de ce temps là pour trottiner en rond dans sa petite cour et tourner les bras. On observe cela depuis le lit duquel on peine à émerger.

    Pas de tente à plier du coup il n’est pas encore 7h lorsque l’on ré-enfourche les vélos.

    Le paysage est toujours aussi vallonné et l’altimètre oscille généralement entre 10m et 150m d’altitude.

    Plus l’on descend vers le sud plus le bord des routes se peuple. Comme dans les autres pays que l’on a traversé, il n’y a pas vraiment de distinction entre vie-professionnelle et vie privée. On vit sur son lieu de travail. Dans le commerce un bon emplacement est primordial, du coup les maisons se construisent le long de la route principale et les villes ou villages s’étendent ainsi progressivement.

    Alors que l’on passe devant une énième parcelle pleine de planchette de bois en train de sécher on décide de s’arrêter puisque des gens sont en train de travailler. On perce un premier mystère : combien obtient-on ces planches fines ? Des troncs d’arbre de 2 mètres de long environ sont déposés dans une machine dans laquelle des rouleaux le compressent et le calibrent avant d’être littéralement pelé. D’un tronc ne reste alors plus qu’un bâton parfaitement cylindrique et surtout une bande de quelques millimètres d’épaisseur qui se dirige vers le massicot. On sait comment c’est fait mais toujours pas à quoi cela peut servir. La réponse arrivera quelques jours plus tard à Hanoi : c’est pour faire du contre-plaqué.

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    La petite scierie que nous avons visité est un peu à l’image des entreprises que nous voyons dans le nord du Vietnam. Quelques employés, un outil de production assez simple. Quelque soit le secteur cela reste à taille humaine avec un impact en proportion sur l’environnement immédiat. Rien à voir avec la Chine. Pas la même « efficacité » non plus.

    Après 60km dans la matinée on s’écroule littéralement sur les chaises du restaurant. Le repas est moyen, et on est encore surpris de voir arriver, en plus, ce qui semble être l’eau de cuisson de nos épinards. Merci mais fallait pas.

    Après une telle matinée on n’est pas vraiment pressé de repartir d’autant que le trafic à tendance à s’intensifier en se rapprochant d’Hanoi. Les villes que l’on rencontre sont aussi de plus en plus étendues et limitent les possibilités de bivouac. On plantera la tente assez tard derrière un entrepôt. Pas trop visible de la route, on ne s’en sort pas si mal.

    On part encore de bonne heure le lendemain sans trop savoir si l’on rejoindra Hanoi le jour même où s’il nous faudra encore bivouaquer une nuit. Il reste 125km à faire et les journées précédentes ont laissé des traces. On est sûr que ce sera plutôt plat mais pour le vent c’est suspens ! Ce qui nous pousse à vouloir faire le trajet d’une traite c’est d’imaginer la galère pour trouver un endroit pour dormir dans la périphérie d’Hanoi. Depuis que les paysages se sont aplanis, rare sont les moments où l’on ne voit personne. C’est habité ou cultivé presque partout.

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    Que ce soit au nord ou vers Hanoi, les 2 roues sont souvent chargées d’éléments improbables. On aura vu pas mal de choses en 3 jours. Transports d’animaux petits, gros, mort ou vivant, sur le scooter ou dans une carriole accrochée ou tenue à bras d’homme. Machine à laver, poutres de plusieurs mètres chargés en travers, arbustes de plusieurs mètres, le feuillage au vent.

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    La moitié du travail est accompli (60km) lorsque l’on s’arrête pour manger. C’était plat et ça avançait bien. La patronne de l’établissement nous propose un poulet pour 160 000 Dôngs. Un peu cher d’autant que ce pauvre poulet ne donne pas l’impression d’avoir mangé à sa faim une fois dans sa vie. On accepte quand même. Quelques minutes plus tard arrivent le riz et le poulet. Il n’était déjà pas gros avant le passage pas la casserole mais alors là ! il semble qu’une bonne moitié ait réussi à s’échapper. Et la meilleure moitié en plus. On a beau chercher il n’y pas de blanc. Il y a peut-être bien une cuisse là, cachée sous une pâte et la demi-tête, mais c’est tout. On mange surtout du riz donc.

    L’entrée de Hanoi est très progressive. Les nombreux camions sont accompagnés par une proportion ahurissante de 2 roues. Les filles en robe s’assoient en amazone, jambes croisées. Une pose assez élégante qui doit demander un peu d’entrainement pour pouvoir survivre à la circulation dans Hanoi. Plus l’on pénètre dans le centre de la ville plus les innombrables 2 roues deviennent maitres de la rues. Après quelques semaines en Chine on n’est pas surpris, on trouve même cela assez plaisant. La méthode la plus simple et la plus sure consiste à se laisser porter par le flot, comme un poisson dans un banc. Chaque conducteur est attentif aux autres et plutôt bienveillant. Comme en Chine, celui qui est devant est prioritaire, charge aux autres de faire attention. Les voies de circulations évoluent un peu comme le marché, en fonction de l’offre et de la demande. Si ceux qui arrivent en face sont peu nombreux, où ne s’imposent pas assez, leur voie sera utilisée par d’autres.

    On hésite et on transpire un peu aux premières intersections jusqu’à ce que l’on comprenne qu’il faut se lancer et que les autres auront la charge de nous éviter.

    On se dirige vers le centre de la ville à la recherche d’un hostel. On croise pas mal d’occidentaux. Il y en a plus en une rue que depuis le début de notre voyage !

    Le premier hostel nous refuse : Complet jusqu’à 24 décembre ! On fait 5 autres établissements soit complet soit trop cher (que l’on estime trop cher). Après plus d’une heure on accepte de payer 5USD par personne pour un lit dans un dortoir.

    Notre première impression de ce quartier et très mauvaise. Il n’y a que des hôtels, hostels, guest-houses, resto pour touristes, agences de voyages. Tout est écrit en anglais, les tarifs affichés en USD. Il y a des touristes occidentaux partout. On rêve de fuir d’ici.

    On parvient à sortir de Disneyland et on trouve un petit resto sur un bout de trottoir. On y découvre le Bun Cha. Il s’agit de vermicelles, de salade/feuilles de menthe, et de porcs grillés dans une bouillon froid. Excellent. On s’était ouvert l’appétit quelques mètres plus haut avec des nems. On découvre ce qu’est un vrai nem en fait.

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    Pour le dessert, on trouve en endroit qui vend des crêpes ! On en commande 2 au « nutella ». Nico croque le premier….c’est pas du nutella mais du peanuts butter ! Nico recrache vite et on demande de l’eau au bar pour qu’il se rince la bouche. Heureusement il n’en n’a pas avalé et seulement sa lèvre et sa langue gonflent légèrement.

    Comme une bouteille à la mer on recontacte un « Warmshower » pour savoir si l’on peut stocker les vélos quelques jours chez lui. Il nous répond rapidement et nous dit de venir le lendemain matin. On fait alors la connaissance de Quynh, franco-vietnamien, établi à Hanoi depuis 1982. Cyclo lui aussi (c’est le principe du site warmshower, un « couchsurfing pour cyclo ») il nous donne pas mal de bonnes infos et nous convainc finalement de nous rendre à Cat Ba en vélo. Il nous propose également de dormir chez lui le soir même. Super sympa.

    On consacre la journée à la visite de la ville qui nous plait de plus en plus (alors que ça partait mal). Faire du vélo dans ce far-west routier nous éclate en fait et cela nous permet de nous rendre dans des endroits moins, voir pas, fréquentés par les touristes.

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    On voit des combat de coqs dans un parc, du chien servit dans un resto…

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    En fin de journée, nous rencontrons 2 autres cyclos français chez Quynh. Ses hôtes « officiels » (nous ne devions que laisser nos vélos et bagages au départ). On passe une soirée sympa et Quynh invite tout le monde à manger un Pho Bo (soupe de vermicelle et bœuf).

    Réveil avant 5h pour prendre le train « rapide » de 6h pour Hai Phong. On avait pris les billets la veille. Et après avoir connu la Chine on a le sentiment que c’est presque trop facile ici. Pour mettre le vélos dans le train il suffit de prendre l’entrée spéciale pour 2 roues, payer un supplément et aller avec son vélo vers le wagon cargo (en traversant les voies comme dans une gare de campagne).

    Après 2h15 de train (pour 100km…) on met 1 heure en vélo de la gare d’Haiphong pour rejoindre et traverser le port jusqu’à l’endroit pour prendre un bac. Et il faut connaitre ou avoir les indications de Quynh ! Heureusement que l’on avait mis des repères sur la carte car ce n’est pas évident.

    Après 45 minutes de bateau, on a 8km de vélo pour traverser la petite île de Cat Hai. On rate à 2 minutes près le bac pour Cat Ba et attendons 1 heure le suivant. Ça laisse le temps de prendre l’apéro donc, même s’il n’est pas très tard. On se pose sur la digue, face aux premiers karsts que l’on aperçoit en face. En bonus on respire à les odeurs de poissons et de crevettes séchés. Et il y en partout.

    Le second bac est plus modeste lors de la deuxième traversée qui dure 20 minutes. Il est un peu plus de midi lorsque nous mettons un pied sur Cat Ba.

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    Cette île forme la partie sud de la baie d’Halong. Pour rejoindre le village qui a le même nom que l’île nous suivons la route du centre. Les locaux nous déconseillent de prendre la route de la côte donc on suit la route principale à travers les karsts et la jungle. Arrivés dans le village un homme nous hèle et nous propose une chambre. 110 000 dongs la chambre double (soit 5 dollars). On est bien loin des prix pratiqués sur Hanoi. Un peu sceptique Nico le suit. Salle bain avec eau chaude, 2 lits doubles et balcon avec vue sur la baie. On accepte ! Le type travaille ici avec sa femme et vit avec ses enfants. Ils sont vraiment sympa.

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    Le lendemain matin nous montons dans un mini bus avec d’autres touristes en direction du port pour une sortie dans la baie. la météo n’est pas vraiment encourageante. Après pas loin de 2h de navigation sur notre jonque nous atteignons le premier site où nous pourrons parcourir la zone en kayak. On part pour 1h « d’exploration ».

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    On sillonne entre les karsts. Il y a plusieurs tunnels naturels qui donnent accès sur des mers intérieures. Dans l’une d’entre elles, on aperçoit des singes.

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    A midi on remonte sur le bateau pour manger un très bon repas composé de poisson, riz, cacahuètes et frites.

    Dans l’après-midi, on fait un arrêt sur le chemin du retour pour une 2ème heure de kayak. La météo s’est dégradée, il y a une pluie fine . On est seulement 6, sur la quinzaine de touristes, à aller pagayer.

    Même si le temps n’est pas extra, on est bien content d’être là hors saison pour éviter de faire du kayak avec des hordes de touristes et de payer plein pot.

    Le lendemain, il fait beau, et on sort les shorts pour la première fois du voyage. On passera la journée à faire le même trajet qu’à l’aller pour retourner à Hanoi. A une différence près, cette fois ci on prend la route qui longe la coté et qui est tout à fait praticable même si elle est en travaux.

    Quynh nous accueille pour une seconde nuit chez lui. Il nous éclaire sur pas mal de questions que l’on se pose sur le Vietnam.

    Le 24 décembre, on découvre une boulangerie qui fait des pains au chocolat ! Et ils sont très bons !

    On commence la journée par aller acheter nos billets de train pour le soir : On va passer le réveillon dans un train couchette direction Vinh, 300 km au sud d’Hanoï.

    Nous allons ensuite découvrir, à vélo, d’autres endroits de la ville. On passe vers le palais présidentiel, vers l’ancienne université, et on fait le tour d’un grand lac.

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    Après déjeuner, on se donne quartier libre ! On a une heure, chacun de notre côté pour se trouver un cadeau de noël à moins de 100 000 dongs. L’opération terminée, on rentre chez Quynh faire nos sacoches et le remercier pour son accueil.

    Nous retournons ensuite vers le grand lac et nous arrêtons dans un resto de « hot pot » pour le diner. On choisit un hot pot aux fruits de mer. C’est le même principe que ce qu’on avait eu en Chine : un bouillon (qui sent très bon) est placé sur un réchaud sur la table, et à coté, on a des palourdes, des seiches et des crevettes encore vivantes (elles gigotent dans un sac plastique) à plonger dans le bouillon. Derrière nous, un groupe d’homme enchaine les cul sec à base de Vodka. Ils invitent Nico, qui refuse…à partir du troisième verre. La consommation d’alcool est assez sexiste au Vietnam : c’est à chaque fois Nico qui est invité à trinquer pendant qu’Anaïs regarde ! Au moment de partir, un des convives s’écroule sous la table.

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    On s’offre nos cadeaux : un petit carnet et un portemonnaie pour Nico, un calendrier de l’avent-jour de-l’an à base de ferrero rocher pour Anaïs !

    Apres ce bon repas, on retourne à la boulangerie du matin pour s’acheter un dessert et quelques provisions.

    On file ensuite à la gare. Tout aussi facilement que pour Haiphong, on met nos vélo dans la voiture cargo, et on rentre dans notre cabine. Il n’y avait plus de place pour les couchettes les moins chères, on est donc dans une cabine de 4 lits. En dessous de nous, il y a un couple avec 2 petits enfants, avec qui on ne communiquera pas des masses, vu que tout le monde s’endort rapidement.

    On ne voit pas le trajet passer, et on arrive vers 5h30 à Vinh (après 7h de train pour 300km).

    Nous avons pris ce train car nous sommes depuis 9 jours déjà au Vietnam, et comme nous n’avons pas de visa, il faut que l’on soit sorti du pays dans 6 jours au plus tard. Vinh se trouve pas très loin de la frontière Laotienne et nous permet de descendre un peu vers le sud.

    On est le 25 décembre, et on va passer le noël de la petite loose (d’après Anaïs), car la journée n’est pas catastrophique, mais est loin d’être bonne.

    Donc on arrive de bonne heure… et il pleut !

    On attend sous un abris que le jour se lève puis on part à la recherche d’un café le temps que la pluie s’arrête. Sauf qu’on n’est plus à Hanoï, et il n’y a plus de petits cafés sympa partout. On en trouve un, qui est extérieur mais qui a une bâche. Avant même qu’on commande, on nous amène 2 thés. On comprend que c’est gratuit. Nico commande un café, et Anaïs un thé…payant. Le café de Nico est tellement épais qu’on dirait du pétrole. Il demande un grand verre d’eau chaude pour essayer de le diluer. Le thé d’Anaïs est très sucré et très épicé. Après plusieurs heures de glande (à écrire les précédents articles), on décide d’aller visiter la seule chose à voir dans cette ville, le musée, le temps que la pluie s’arrête.

    La grande bâtisse est située un peu à l’extérieur du centre, dans un grande cour. On rentre. Il n’y a personne. On est accueilli par un grand portrait d’Ho Chi Minh. Sur le côté, il y a des bureaux. On toque à la porte. Un homme vient à notre rencontre et on demande si l’on doit payer. On comprend que c’est gratuit. L’employé allume alors les lumières de la salle pour nous. Il n’y a qu’une salle, couverte de photos avec de rares explications en Viet. En 5 minutes on a fait le tour. On revient voir le type pour lui dire qu’il peut ré-éteindre et on s’en va.

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    On retrouve un bar avec le wifi mais il fermera à midi et on est remis dehors, sous la pluie.

    On se met à la recherche d’un resto et après avoir tourné dans Vinh, on en trouve un qui fait des « hot pot ». On voulait du simple et pas cher. Après plus d’une demi-heure à essayer de se faire comprendre, on commande. Pour le 25 décembre midi, on mangera : du riz ! Avec des frites, une omelette, des légumes dans un bouillon, et du poulet pané. Il y a aussi un bol avec des boules blanches bizarres qui ressemblent à des champignons de Paris, mais on n’y a pas touché. Bref, pas terrible comme repas, et c’est cher.

    On décide de fuir cette ville vers 1h malgré la pluie sans espoir d’accalmie à venir. On se retrouve rapidement dans la campagne après avoir passé un pont à péage. Il y a des cultures inondées de chaque côté de la route. Dans les villages qu’on traverse, il y a des haut-parleurs dans la rue et on entend des personnes qui parlent.

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    Pendant que Nico fait un ravitaillement pour le repas du soir, un viet prend le vélo d’Anaïs pour l’essayer (Celui de Nico est trop haut pour lui !).

    Quand il n’y a pas de village, il y a des cultures de riz. Ce n’est donc pas évident de trouver un endroit pour planter la tente. Au final, on se pose à l’écart, à coté/dans un cimetière.

    Le lendemain matin, on repart de bonne heure sur une route en très bon état, mais qui se dégrade rapidement. Apres quelques kilomètres de boue, on retrouve de l’asphalte. Toujours autant de « hellos » nous sont adressés, et les enfants font la course pour nous rattraper en vélos. Ils sont souvent deux sur un vélo et pédalent à 4 jambes.

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    On trouve un « ecological resort » perdu au milieu de nulle part pour déjeuner. Une petite route nous amène dans l’hôtel composé de bungalows sur pilotis et d’un bâtiment central qui fait office de restaurant avec une piscine à ¾ vide au milieu d’une terrasse couverte. Bizarrement, il y a d’autres clients, des Vietnamiens, qui s’enfilent des redbulls. On ne comprend pas trop pourquoi ils ont atterris ici. Avant de repartir, on longe la rivière sur le côté de l’hôtel et qui leur sert de poubelle : pas mal pour un « ecological resort » !

    A ce qu’il parait la route qui mène à la frontière et très belle, pour nous ce sera brouillard et pluie. On verra juste que ça monte !

    On voit passer une voiture de police, gyrophare plein pot qui fait arrêter les voitures et camions d’en face le temps qu’un convoi officiel passe. Quand la voiture de police nous croise, elle nous crie dans son mégaphone un « hello » grave qui nous surprend.

    On arrive trempé à la nuit tombante en haut de la côte. On espère trouver dans le village frontière de quoi faire des courses avant d’aller bivouaquer. Sauf qu’en fait il n’y a pas de village, avec le brouillard, on ne s’est pas rendu compte qu’on est arrivé directement au poste frontière !

    On fait demi-tour et on va manger dans l’unique commerce/restaurant. Pendant le repas (composé de riz et d’une tête de poisson !), on cherche une solution pour la nuit qui arrive. On ne veut pas aller à l’hôtel, et c’est compliqué de trouver un endroit pour camper : la route jusqu’à à la frontière est abrupte et ensuite, les endroits à l’écart sont très gadoueux. Au final, on demande à l’officiel qui contrôle les passeports à l’entrée au Vietnam si on peut poser la tente dans l’abris à côté de lui et il accepte.

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    On dort très mal, entre les camions qui arrivent et les voyageurs qui commencent à jacasser autour de la tente à partir de 4h du matin.

    Vers 6h30, en sortant de la tente, on s’aperçoit qu’une dizaine de personne se serre sous l’abris, à côté de nous, en attendant que la frontière ouvre.

    Pendant que Nico joue des coudes dans le bureau de change pour obtenir des « kip laotiens » (sans commissions d’ailleurs), des militaires viennent se prendre en photo avec Anaïs et son vélo.

    On obtient facilement le tampon de sortie du Vietnam, et on se dirige vers le poste frontière Laotien.

9 Responsesso far.

  1. Dumont dit :

    Bonne et heureuse année 2016 ! Je vous souhaite pleins de belles aventures. Bon voyage. Merci pour vos récits. Bises

  2. Jean louis et huguette dit :

    La nouvelle année vient de commencer nous vous souhaitons qu’elle continue aussi bien que celle que vous venez de terminer.
    Bonne route!!!
    On a du plaisir à vous lire bises

  3. Philippe Niel dit :

    Je t’avais écrit pour ta fête Nico mais le message n’est pas passé. J’espère que le Laos sera aussi sympa que le Vietnam. tous mes voeux à vous deux. Bises.
    philippe

  4. LE GOAL Maryline dit :

    Merci pour cette belle traversée du Vietnam. Les humains deviennent intéressants. Le Laos devrait être beau. J’ai hâte d’avoir vos impressions sur la Birmanie. Bises et bon courage pour pédaler !
    Maryline

  5. Famille Bonnafous dit :

    Après avoir lu tout votre périple , on vient vous souhaiter une Bonne Année 2016 et une bonne continuation sur les routes du Laos.

    Bon pédalage et bonne aventure.

    Bisous

    Françou. Bernard

  6. Francois & Carol dit :

    BONNE ANNEE 2016 A TOUS LES DEUX !!
    Continuez à en prendre plein les yeux (et plein les mollets!!!)
    en tout cas les photos donnent envie 😉

    bise
    Francois & Carol

  7. Berty dit :

    Tip top et merci de confirmer mon point de vue sur les chinois ;-)!!!

  8. céline dit :

    Coucou et en avant 2016 !
    C’est toujours un grand plaisir de vous lire.
    Bisous
    céline

  9. Ghislaine dit :

    Bonjour,
    Vous m avez cherchee a la guesthouse a TadLo (Ghislaine, les plans des Boloven).J espere que cet endroit vous a apporte du reconfort.Lu les compte rendus, celui sur la Chine me conforte :ne pas revenir dans 1 pays visite longtemos auparavant, cas de la Chine 1986 3 fois, et Laos 20 ans.Il me tarde de lire votre cr Laos.Je vous souhaite de belles rencontres, petits joyaux inoubliables des voyages.
    Amicalement Ghislaine Albi

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