• Laos – partie sud

    Ce matin, le thermomètre grimpe vite et fort. Lors d’un des nombreux arrêts à l’ombre pour s’hydrater Nico aperçoit le premier serpent vivant du voyage : 1,50m environ, d’un vert pétard.
    Ontraverse plusieurs villages avant de récupérer la route principale pour Salavan. On alterne les sections planes et les côtes très raides. On remarque bientôt des restaurants sur les bords de route, signe que l’on arrive dans une région touristique : C’est le plateau des bolovens, situé à 1200 mètres d’altitude, il est connu pour ses cascades et le café qui y est cultivé. Les touristes louent généralement une moto pour découvrir ce plateau en 3 ou 4 jours.
    On pousse jusqu’à Tad Lo. On y découvre un petit village, calme, au bord d’une rivière, où il semble faire bon vivre. Au bout du village on arrive sur la zone des guesthouses. Il y en a peu, la plupart sont simples. L’endroit nous plait.
    On prend une chambre au Green Garden, tenu par un Tchèque. C’est calme et agréable. On dort sous une grande bâtisse en bois, avec des cloisons basses qui délimitent les chambres. Ces dernières sont très simples puisqu’elles n’offrent qu’un lit, une moustiquaire et une lampe.

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    On prend l’apéritif un peu plus bas, dans une autre guesthouse tenue par des français cette fois. Des enfants jouent sur le terrain de pétanque de l’établissement, et ils sont sacrément doués !
    Après une bonne nuit et un petit déjeuner au calme on se dirige vers nos premières cascades sur le plateau des bolovens. C’est également notre première baignade depuis le début du voyage : l’eau est fraiche et il n’y a personne !

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    Après être passé au marché, on reprend les vélos vers 15h en direction de Sekong pour faire la grande boucle autour du plateau.
    Ca grimpe, et toujours fort. On dégouline. A ce moment-là on se demande bien pourquoi on a quitté la cascade ! Autour de 17h30, on passe devant une école. Anais demande aux jeunes si l’on peut planter la tente. Ils nous disent de nous mettre où on veut. L’endroit est top, en plus on aura l’eau courante aux toilettes. Sitôt installés, les jeunes proposent à Nico de jouer au foot avec eux. Il s’exécute docilement et marque, évidement (et modestement), le premier but du match.
    Les joueurs semblent avoir entre 10 et 18 ans et c’est très bon esprit. Les plus âgés sont attentifs aux plus jeunes. Le jeu se corse quand ces derniers quittent la partie.

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    On pensait en avoir fini hier soir avec la montée mais ça grimpe encore doucement ce mercredi 6 janvier. On s’est levé de bonne heure une fois de plus pour pouvoir pédaler dans les meilleures conditions. Passé Thateng, la route redescend doucement jusqu’à Sekong, à peu près d’autant que ce que l’on avait grimper la veille d’ailleurs. Ça donne l’impression d’avoir monté pour rien.

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    La route n’a pas d’intérêt particulier et on n’atteint notre objectif, « Tad Phek », une cascade, qu’en milieu d’après-midi. On est un peu surpris de voir que l’on semble rentrer dans une propriété privée. Le parking à l’entrée est désert, et on y aperçoit une grille de tarifs. Il n’y a pas grand monde, hormis des adolescents locaux. Nouvelle baignade, en maillot de bains pour nous, à la différence des locaux qui se baignent habillés, en jean et t-shirt. On n’a pas vu de filles dans l’eau.

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    La cascade suivante est encore plus aménagée que la précédente. Des employés portant l’uniforme de l’établissement nous accueillent. Il y a un bar, un restaurant et la possibilité de dormir sur place. On nous indique un « trek » de 500m pour accéder à la cascade. L’aventure se limite à un chemin avec des sections sur pilotis qui traverse la forêt. C’est sympa, mais vu l’heure il faut que l’on s’inquiète de notre lieu de bivouac.
    On demande au cas où aux employés si on ne peut pas planter la tente ici mais ils refusent.
    On se rabat sur une école à 2 pas d’ici comme la veille. Aucun problème pour s’y installer. On choisit une zone un peu à l’écart des matchs de foot ou du Sepak Takraw. Très répandu au laos, il s’agit d’un genre de volley qui se joue avec les pieds et une balle en plastique. C’est assez impressionnant.
    On est rapidement découvert par des enfants et une horde se forme autour de nous. C’est toujours une curiosité lorsque l’on monte la tente, et plus généralement lorsque l’on s’installe. La moindre de nos actions est une attraction. On finit un peu par s’habituer de tous ces regards très proches qui suivent tous nos faits et gestes, même les plus anodins.
    Anais gonfle notre globe terrestre et leur montre le trajet effectué. Un des adultes présent semble mettre en garde les enfants en leur disant de ne pas trop s’approcher de nous… Nos spectateurs regardent le globe à la manière d’un ballon plein de couleurs. On n’est pas sûr que beaucoup aient vraiment saisi ce que l’on essayait de leur présenter.

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    La nuit va bientôt tomber et on a depuis longtemps épuisé toutes nos attractions mais le public est toujours là. Les enfants, une vingtaine, sont assis à un mètre de nous et nous observent toujours. On n’ose pas se faire à manger devant tout ce monde alors Anais décide d’écrire et Nico de lire. On devrait être rapidement ennuyeux à regarder. Pas tant en fait. On se décide à sortir la bière et les légumes au bout de 25 ou 30 minutes, qu’il fait nuit et qu’il ne reste plus de 2 petits face à nous. On peut maintenant se changer et surtout être au calme !
    Réveil à 5h30 et le soleil ne tarde pas à faire son apparition. Les locaux sont déjà bien actifs. Il y a de la musique qui provient de plusieurs maisons. Nos plus proches voisins ont décidé de mettre fin aux jours d’un cochon. La pauvre bête est plaquée au sol, comme le ferait un policier sur un manifestant, elle hurle et se débat ! On lui ligote les pattes et le monte sur une grande table. C’est assez saisissant d’entendre un cochon couiner comme cela. S’il n’a pas compris ce qui allait lui arriver, ce qui serait étonnant, un autre a bien saisi la finalité de la scène et s’enfuit de là en trottinant, la tête basse. Cette image nous fait sourire et puis crac ! Le condamné à la gorge tranchée. Plus de bruit. Glaçant.
    Notre route passe par le Ho Chi Minh Trail, le chemin utilisé pendant la guerre pour le ravitaillement entre le nord et le sud du Vietnam en passant par le Laos et le Cambodge. On s’inquiète un peu de ce que l’on va trouver car d’après ce que l’on a pu observer sur Googlemap ça grimpe super fort pour arriver sur le plateau.
    On essaie de comparer cette montée avec d’autres et on se rend compte que l’on a du mal à resituer les éléments dans l’espace et le temps. Pas seulement pour des noms de villes, ou des lieux. C’est parfois des journées entières que l’on peine à replacer.

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    Au milieu de la montée, on fait une pause pour aller se baigner à la cascade Katamtok. C’est de loin la plus belle et la plus sauvage du coin, et l’accès à la baignade se mérite : le chemin est assez pentu et pas vraiment entretenu.

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    Au retour de la baignade, après quelques coups de pédales, on croise deux français à vélo, Clément et Matthieu (http://silkyway.org/). On passe un bon bout de temps à échanger, puis on continue notre chemin.
    Lors de notre pause déjeuner, dans un petit resto au bord de la route, 2 anglophones à moto nous conseillent une cascade sur le plateau qui nous fait faire un petit détour. On suit leur conseil, et 4 km après avoir quitté la route principale, on arrive à la cascade Saulin qui se trouve dans une propriété privée. C’est 5 000 kips pour se garer !! On hallucine, et on s’en va. C’est difficile d’accepter que des espaces naturels soient ainsi privatisés, les cas similaires étant souvent limités à quelques plages en France.
    On avait constaté en rentrant au Laos le nombre important de clôture. Si cela nous avait marqué à ce point c’est que l’on ne se souvenait pas en avoir vu jusqu’à présent. On avait traversé 3 pays sans voir de barrières, ou de manière exceptionnelle.
    En rebroussant chemin, on fait une pause sous un pont pour se baigner (et surtout se laver). On récupère la route principale et on s’arrête pour camper dans le parc de l’école du village suivant. Cette fois-ci, la soirée sera calme, et ça fait du bien.
    Le lendemain matin, on roule jusqu’à Paksong où on s’arrête déjeuner. La route n’a pas grand intérêt, à part les cultures de café qu’on voit un peu partout. Après un tour au marché et un pancake pour Anaïs, on commence la descente du plateau vers Pakse en fin d’après-midi.

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    En bifurquant pour aller visiter la première cascade après la sortie de la ville, on est interpellé par Lise et Damien (https://envelosimone.shost.ca/), un couple de cyclo français qui se sont arrêtés quelques jours faire du woofing (nourri-logé contre travail) dans une plantation de café. Après avoir passé un moment à bavarder, la nuit arrivant, on les laisse pour trouver un endroit où dormir. On décide par ailleurs de ne pas aller à la cascade, ni aux suivantes, car ils nous apprennent qu’elles sont toutes payantes entre Paksong et Pakse.
    On demande si on peut planter notre tente dans le jardin d’un temple qui n’est pas terminé. Pas de soucis ! Il y a également des personnes qui font sécher du café et qui semblent vivre là. Deux d’entre eux, viennent nous observer, pendant qu’on fait à manger. Un peu plus tard, un moine passe, et nous fait comprendre qu’on peut dormir dans le temple (celui qui est fini) si on le souhaite.

    On se lève de bonne heure, le jour suivant, et on parcourt les 30 kilomètres de descente qui nous séparent de Pakse en très peu de temps. Sur la route, un long serpent (aussi grand qu’Anaïs, c’est pour dire !) décide de traverser quelques secondes avant qu’Anaïs passe…petit stress…
    Pakse est la plus importante ville du Laos par laquelle nous passons, et on peut pas vraiment dire que ce soit grand. Mais il y a beaucoup plus de possibilités de consommation que dans les campagnes qu’on a traversé jusqu’à présent.
    On visite un temple où des Laotiens viennent se prendre en photo avec Nico, puis on va apprécier un café et un jus de fruit en terrasse. Le café est enfin servi comme on le fait en France, et pas avec du lait concentré et du sucre comme on l’a eu jusqu’à présent.

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    On visite le marché, on y fait nos courses et on y déjeune. Puis on traverse le Mekong pour le longer rive droite jusqu’à Champassak.

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    Champassak est une ancienne capitale royale, mais il n’en reste rien. On la traverse sans s’en rendre compte. A quelques kilomètres au Sud-Ouest, il y a Wat Phou, le seul temple khmer situé au Laos. On décide de camper pas trop loin pour aller le voir le lendemain.
    On demande dans un temple si on peut planter la tente, la réponse n’est pas vraiment franche. Le moine nous dit d’attendre. Il s’en va et revient 10 min après. On lui repose la question, et rebelote, il nous dit d’attendre et s’en va. On n’a pas envie de jouer à ce jeu trop longtemps, surtout que la nuit est en train de tomber. Du coup on lui dit merci et on part. Quelques centaines de mètres plus loin, on aperçoit une maison sur pilotis abandonnée, un peu à l’écart. Nickel ! On s’y installe et on prépare notre repas. Deux personnes arrivent, nous observent. On leur demande si on peut rester dormir, et il ne semble pas y avoir de problèmes. Elles s’en vont et 10 minutes après 3 autres personnes arrivent, dont une qui parle quelques mots d’anglais. Il nous dit que quelqu’un est mort ici, qu’on ne peut pas rester, et qu’il se fait du soucis pour nous. On comprend pas très bien l’histoire, mais juste qu’il faut quitter les lieux. On finit de manger, on replie la tente et on repart dans la nuit.
    Nico avait repéré un peu plus tôt un terrain derrière un restaurant abandonné. On s’y installe, et les chiens des voisins commencent à aboyer. C’est vraiment une soirée de m****, surtout qu’on n’a pas trouvé de quoi se laver, et qu’on se couche bien crado.
    Le lendemain matin, la propriétaire des chiens qui ont fait du boucan toute la nuit vient nous voir et nous offre du riz collant et des bananes. Super sympa !
    On se dirige vers le temple What Phou, mais on arrive trop tôt : il n’ouvre qu’à 8h. De la route on ne peut pas voir l’édifice, on prend une piste qui longe le parc, et on aperçoit le temple. On est bien content de ne pas avoir payé l’entrée, il est vraiment petit. Après avoir pris notre petit déjeuner autour des buffles, on rebrousse chemin pour prendre une route qui longe le Mekong jusqu’au sud du pays.

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    La route n’est pas asphaltée, et la piste, de bonne qualité, est praticable que pour les deux roues. On passe devant de nombreux temples, et par plusieurs ponts plus ou moins bien entretenus.

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    Dès qu’un enfant nous aperçoit, il crie « Falang » (étranger). C’est comme une alerte lancée aux autres enfants qui se précipitent tous pour nous crier des « hello » et des « sabai dee » (bonjour). On ne se lasse pas d’avoir des « bonjour » souriants à longueur de journée !

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    Le soir, on aperçoit un temple au bord du Mekong, qu’on qualifie de camping 3 étoiles. Le moine accepte qu’on passe la nuit dans le jardin.

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    Alors qu’on plante la tente, une 15aine d’enfants vient nous observer. Et les regards ne se détournent pas lorsque nous allons nous laver dans le Mekong en contre-bas. On a l’impression qu’ils sont au cinéma, parents et enfants, assis sur un banc ou debout, à nous regarder nous savonner !
    Pendant la nuit, un troupeau de buffles décide de venir se battre dans le jardin du temple. On serre les dents car on a l’impression qu’ils passent vraiment très près de la tente.
    Le lendemain matin, les enfants reviennent nous voir tout ranger. Ils prennent un air un peu dégouté quand ils nous voient sortir la brosse à dent, et Anaïs les fait marrer en faisant des glouglou avec sa bouche !
    On continue la route qui longe le Mekong jusqu’à arriver en face de l’ile Don Khong. Elle fait partie d’un ensemble d’îles qu’on appelle les 4000 iles, car en saison sèche, lorsque le Mekong est bas, il y aurait 4000 iles…

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    On prend un bateau pour l’île et on pédale jusqu’au village de Muang Khong. Un touriste nous conseille une guesthouse qui a une piscine. On va s’y installer ! On y croise un cyclo néerlandais (qui habite en France) d’une soixantaine d’année, un couple de cyclo suisse du même âge…. Et Clément et Matthieu qu’on avait croisé sur le plateau des bolovens !
    L’endroit est bien agréable et on décide de se faire une journée farniente avant de repartir. Même si on est en pleine saison, les resto et hôtels sont loin d’être pleins, et la vue sur le Mekong est très belle et apaisante.

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    Le deuxième soir, un couple de cyclo quebequois de notre âge arrivent à l’auberge. Ils voyagent depuis un an et sont partis de Katmandoo. Après avoir tenté une sortie pêche complètement infructueuse, on se fait un bon repas à l’auberge avec les québéquois, Matthieu et Clément.

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    Le lendemain, on se rend au marché de bonne heure pour petit déjeuner. Au Laos, mieux vaut être matinal, ce marché-ci ferme vers 8h du mat.

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    Comme Clément et Mathieu continuent aussi vers le Cambodge, on décide de faire un bout de route ensemble. On prend une barge pour l’île de Don Som que l’on traverse par la seule piste, qui n’est d’ailleurs praticable que par des 2 roues.

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    Des personnes qui sont en train de faire des galettes de riz nous interpellent. On s’arrête pour les gouter.

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    Lors de la traversée d’un petit pont en mauvais état, Anaïs hésite et pose le pied…dans un trou ! Heureusement le pont n’était pas haut et il y avait de la végétation (et pas de serpents !): elle se retrouve la tête la première dans les arbustes, le vélo par-dessus ! Clément, qu’on connait depuis peu, n’ose pas éclater de rire, pourtant, la situation l’aurait largement permise !
    On prend un 2eme bateau et on quitte l’ile très tranquille de Don Som pour l’île complétement touristique de Don Det. Cela fait vraiment bizarre de voir ces 2 extrêmes juste séparés par un brin de Mekong. On passe sur l’île suivante par un pont et on va se baigner au début du chemin de fer. Les français l’avait construit lors de la colonisation pour traverser l’île car à cet endroit du Mekong (qui a été un long fleuve tranquille jusqu’à présent) il y a des cascades.

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    Après déjeuner, on part se baigner aux cascades qui entourent l’île de Don Khon. C’est très beau, l’eau a une température parfaite, on est trop bien !

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    En fin de journée on négocie pour qu’un bateau nous emmene sur l’ile de don Sadam. Pas évident de naviguer dans cette eau si peu profonde. Notre bateau se prend dans un petit banc de sable.

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    Une attraction dans cette zone est le dauphin d’eau douce. Il n’y en aurait que 5 (on a vu sur internet que le 6eme était mort !). Bref, on les verra pas !
    On demande si on peut dormir dans le temple qui fait face au Mekong, puis on part se laver dans le fleuve.

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    Des petits enfants portent des sceaux d’eau reliés par une barre en bambous depuis le fleuve jusque chez eux. Nico veut en aider un, mais il a des larmes aux yeux, il semble avoir peur. Du coup Nico laisse tomber son élan de bonté de la journée !

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    On passe une bonne soirée et une bonne nuit dans ce temple, seulement réveillés par le moine qui vient balayer à coté de là ou on dort vers 4h du mat !

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    Le lendemain on quitte l’ile par un grand pont ! C’est rare de voir de grandes infrastructures au Laos, et ce pont nous a bien surpris.
    On se rend à la frontière. Un garde nous demande où on va . Question bizarre, on répond « Au Cambodge »… On pense que c’était la bonne réponse puisqu’il nous fait signe de continuer !
    Avant de partir du Laos qu’on a tant apprécié, on goutte un peu à la corruption : 2 dollars pour avoir le tampon de sortie… et pas moyen de discuter !

     

One Responseso far.

  1. Mat et Clem dit :

    Vive l’art de la photo! Sur celle ou Nico se lave dans le Mekong sur un couché de soleil, on a l’impression que c’est paradisiaque, mais en fait on ne sait pas qui est le plus propre (même après une journée de vélo). Il faudra mettre aussi la DSC03536 pour rétablir la réalité des choses 😉

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