• Sur les routes cambodgiennes

    On passe sous une première barrière puis sous une deuxième une centaine de mètres plus loin avant d’être stoppés par un garde. « Why didn’t you stop ? ». On s’était un peu emballés. Ça part bien.

    Il nous demande de passer à la visite médicale, mais comme cela coute 1USD on refuse, prétextant que l’on est en bonne santé… la situation se débloque lorsque l’on voit une personne se diriger vers la cabane des VISA un peu plus loin. On la suit et on commence les formalités. On nous demande 35USD, bien plus que l’on pensait. On apprendra plus tard qu’ils augmentent les tarifs à cette frontière, s’aidant d’un panneau ayant l’air officiel pour crédibiliser le montant.

    La route vers Stung Treng n’a pas d’intérêt. Un peu de vent de face, une température extérieure supérieure à celle du corps, et des paysages monotones. On voit pas mal de feux (volontaires) sur les bas-côtés, ce qui n’aide pas à rafraîchir l’atmosphère.

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    Bref, on est content d’arriver à notre destination du jour tous les 4, toujours avec Clément et Matthieu, en milieu d’après-midi. On se paye un soda et on grignote un bout le long du Mekong.

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    On essaie ensuite de poser notre camp dans le plus gros temple de la ville. Le « Father Monk » étant bien occupé, ça traine un peu avant d’avoir l’autorisation. En attendant on entre dans un cours d’anglais pour discuter avec le prof devant les élèves. Ceux-ci n’ont pas l’air de comprendre grand-chose, vu que quand on leur demande à quelle heure ils se lèvent, il y en a un qui répond « 9h » ! (Les moines se lèvent au plus tard au lever du soleil, c’est-à-dire vers 5h30).

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    On est finalement recalé pour une raison un peu floue. On se rabat vers un « centre sportif » un peu à l’écart du centre. L’herbe est belle, il y a un puit pour la douche, de la lumière et même une table. Grand luxe.

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    On passe la dernière soirée avec nos amis, demain nos chemins se séparent puisque l’on va vers Siem Reap et eux vers la capitale. On aura passé 3 jours ensemble super sympas.

    Anais n’est pas en super forme dès le matin. On s’arrête régulièrement pour qu’elle puisse se reposer, et évacuer le superflu de son estomac ! Impossible pour elle d’avaler quoi que ce soit.

    La route est en bon état mais les paysages n’ont rien d’extraordinaires. Comme la veille, il fait super chaud. En fin de journée, en traversant un village, des femmes nous proposent de venir nous rafraichir au puit. On s’y lave : Nico en maillot, Anaïs en paréo pour faire comme les « locales » et ne pas choquer les habitants.

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    Une adolescente nous propose de dormir chez elle. On plante la tente à 20m du puit, sous les pilotis de sa maison. On partage l’espace avec une gigantesque réserve de farine et autres céréales, et le lit des grands parents.

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    On se prépare une grande salade, et la grand-mère nous offre un plat de riz. Vers 4h du matin les hostilités démarrent pour Nico. C’est assez violent, il est pris de vertiges en sortant de la tente et s’écroule littéralement sur le sol incapable de se relever avant plusieurs secondes. On passe la fin de la nuit à sortir à tour de rôle se soulager dans le jardin de nos hôtes ! C’est la première tourista du voyage !

    Dès que le jour se lève, on n’a qu’une envie c’est de partir en vitesse d’ici et de s’isoler. Il nous est pratiquement impossible de rester debout. Par chance on peut tenir sur nos vélos mais le moindre dénivelé est une réelle épreuve. Nous roulons comme des zombies et essayons de nous accrocher à des tracteurs et des triporteurs dès que l’on peut. Certes on avance un peu plus vite mais s’agripper et éviter les voitures et/ou le fossé demande un sacré effort surtout dans notre état. En fin de matinée on parvient à arrêter un pick-up dans lequel on charge les vélos pour les trente kilomètres qui nous séparent encore de Preah Vihear. On roule encore un peu en fin de journée, et après s’être lavé au puit, on pose enfin la tente dans une zone sans trop de maisons aux alentours où nous pensons être tranquilles.

    Les voisins viennent à notre rencontre rapidement et nous proposent de dormir chez eux. Hors de questions dans notre état ! Cette nuit encore nous sortirons en urgence jusqu’au matin.

    On accepte toutefois la proposition de petit déjeuner le lendemain matin. La famille, qui assiste à notre réveil, nous indique un point d’eau pour nous rafraichir. On voit des gens qui y viennent remplir des seaux. On n’aurait même pas envie d’y pêcher !

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    Anais se contente de riz blanc qui passe difficilement et Nico tente un peu de porc grillé et un ragoût indéfinissable. On est « limite » mais ça tient ! Notre hôte voit que l’on est un peu hésitant lorsqu’elle nous apporte un verre d’eau. Elle nous explique alors en souriant que l’eau est bouillie et filtrée et nous montre l’installation. Ouf…

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    On réalise bien vite que l’on est trop faible pour la journée de vélo qui nous attend. Tout en roulant on guette un potentiel camion dans lequel on pourrait charger nos montures et par chance celui-ci arrive bien vite. La bonne nouvelle c’est qu’il va à Siem Reap (comme nous) qui est encore à 130km de l’endroit où nous sommes. Et notre chauffeur parle un peu anglais. Il nous apprend qu’il est à la fois professeur et patron d’une entreprise qui met de l’eau en bouteilles. En ce dimanche 17 janvier, il fait le trajet pour aller acheter des bouteilles en plastique vides.

    Avec son collègue ils s’arrêtent pour déjeuner à 20km de la ville. On décide de les laisser manger et de finir le trajet en vélo.

    Très vite, Anaïs, qui se croyait en meilleure forme, a beaucoup de mal à avancer. Incapable de rouler au-delà de 12 km/h sur du plat, cette vitesse de croisière descend bien vite à 8km/h et puis plus rien. Elle s’arrête et s’allonge sur un abris au bord de la route. Il fait plus de 40°C. Plus possible de continuer. La situation ne s’améliorant pas au bout d’une heure, Nico arrête une moto avec remorque et demande à y mettre Anais et son vélo. Le jeune homme accepte et Nico s’accroche pour les 10 dernières bornes. On prend la première auberge que l’on trouve avec un tarif raisonnable et on s’allonge. Enfin. Au frais de la clim !

    Le lendemain matin, la tourista semble nous laisser tranquille. Nous en profitons pour aller visiter le fabuleux site d’Angkor en vélo. Nous prenons un pass 3 jours et commençons par Angkor Wat, le premier des temples en venant de Siem Reap. Le monument est très impressionnant.

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    On rentre ensuite dans l’ancienne ville d’Angkor Thom.

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    Ici comme sur Angkor Wat il est assez surprenant de pouvoir évoluer où bon nous semble sur les sites. On peut traverser des jardins en plein milieu, marcher sur des murs, escalader des bâtiments sans limite ou presque. Si cette liberté est très agréable on s’interroge sur ses effets à long terme sur la pérennité du site.

    La nuit commence à tomber et nous essayons de trouver un endroit pour camper à côté d’un temple. On aurait l’embarras du choix dans la forêt mais quitte à bivouaquer à Angkor, autant que ce soit près d’un temple. On en choisit un, un peu à l’écart, qui a une « terrasse ». On y monte nos sacoches et nos vélos. Au moment où Nico allait monter le sien, un policier passe. Il demande à Nico de partir et le raccompagne hors du temple vers la route. Nico arrive à se défaire du garde une dizaine de minutes plus tard et retrouve Anaïs toujours cachée sur la terrasse. Il y a encore 2 rondes, puis on est tranquille pour le reste de la nuit. Sauf qu’on ne le sait pas, et du coup on n’ose pas se faire à manger à cause du bruit. On se couche l’estomac vide, dans la tente où la chaleur est accablante. On dort mal, se réveillant à chaque bruit. Au milieu de la nuit on entend la longue chute d’une branche d’arbre. Vu le bruit que cela fait, on est content qu’elle ne nous tombe pas dessus ! Pas vraiment rassurés, Nico sort pour vérifier qu’il n’y a pas de risque d’en recevoir une sur la tente.

    Réveil à 4h30 pour être certains d’avoir quitté notre bivouac avant 5h, à l’ouverture du parc. On va voir le lever du soleil à Phom Bakheng, ce n’est pas extraordinaire mais au moins il n’y a pas grand monde.

    On passe la journée à visiter les différents temples, et on se pose en fin d’après-midi sur la pelouse en face d’Angkor Wat pour prendre l’apéro à côté des locaux qui viennent pique-niquer ici comme on le ferait au champ de Mars ou aux tuileries à Paris.

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    Cette nuit, on décide de la jouer « classique », et on trouve une auberge à 8$ dans Siem Reap.

    Le lendemain matin, après avoir fait un aller-retour à la gare routière pour organiser la suite du périple, on retourne une dernière fois à Angkor Wat, puis on passe l’après-midi tranquille dans Siem Reap. Nico en profite pour faire un passage chez le coiffeur/barbier…il était temps !

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    Le soir, on retrouve Lise et Damien (https://envelosimone.shost.ca) , que l’on avait croisé alors qu’ils faisaient du woofing au Laos, pour diner. On passe une très bonne soirée avec eux.

    On se lève de bonne heure pour prendre le bus pour Battambang. On voulait initialement y aller en bateau pour traverser le lac, mais vu le prix (25$ au lieu de 5$ en bus) on a changé nos plans. D’autant que le bateau est touristique, et ne sert pas de moyen de transport pour la population locale. Tant pis, on ne verra pas le lac qui aurait certainement valut le coup : Le niveau de l’eau évoluant considérablement au cours de l’année (en fonction de la saison des pluies), les villages sur le lac sont sur de très grands pilotis.

    On arrive dans la ville pour déjeuner. A part quelques façades coloniales, on ne trouve pas que cette ville ait grand intérêt.

    On en part donc de bonne heure le matin suivant. On roule vers Poipet et donc vers la frontière avec la Thaïlande. Comme depuis qu’on est arrivé au Cambodge, on ne trouve pas que cette route ait un grand intérêt : le paysage est monotone avec des cultures de chaque côté de la route. Une petite originalité toutefois puisque l’on aperçoit ce qui semble être des « pièges à insectes ». Un peu loin de la route, on ne s’est pas approché pour en étudier le fonctionnement et les prises.

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    Les insectes sont ensuite vendus au bord de la route. Nous n’essayons pas, et préférons gouter au riz cuit dans des bambous.

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    On s’arrête pour dormir dans un temple à une quinzaine de kilomètres de la frontière. Un moine nous propose de nous installer sous un abri en bambous où sont accrochés 2 hamacs. On nous invite ensuite à utiliser les douches. Avec l’électricité et la lumière, cela en fait, d’après notre classement, un établissement 3 étoiles.

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    Anaïs, qui sait pourtant très bien que les moines ne peuvent pas manger après midi, fait une gaffe en leur proposant des fruits. Nico rattrape le coup en offrant du Sprite !

    Le moine qui connait un peu l’anglais nous parle des attentats à Paris. Il a été au courant via Facebook ! Il nous dit que c’est à cause des musulmans et qu’il n’aime pas les musulmans…. Difficile de se lancer dans des explications vu le peu de mots qu’il connait en anglais….

    Vers 17h, une musique entêtante passe aux haut-parleurs. Cela dure 1 heure environ. On est bien content lorsque cela s’arrête. On l’est moins vers 5h du mat, lorsqu’ils la remettent pendant 1h30 ! Toujours le même morceau qui tourne en boucle.

    Bref, on quitte vite le temple avant de devenir fous et on se rend à la frontière. Il y a un peu de monde pour se faire tamponner les passeports. Nous ré-enfourchons les vélos, traversons un pont sur lequel le sens de la circulation s’inverse : nous voici arrivés en Thaïlande.

5 Responsesso far.

  1. Brice dit :

    Toujours aussi bien vos articles, on attend tout le temps le suivant avec impatience!

    Bon voyage.

  2. LE GOAL Maryline dit :

    Chez le barbier, il fallait montrer avant et après !
    Bravo le beau voyage, bises,
    Maryline

  3. julie maigré dit :

    bravo pour ce voyage et merci de nous faire rêver !
    une nouveauté en France :des implants de barbe , il y a de l’avenir dans le poil !

  4. julie maigré dit :

    bravo pour ce voyage très riche d’enseignements et merci de nous faire rêver

    une nouveauté voit le jour en FRance : l’implant de barbe ! il y a de l’avenir dans le poil

  5. Valque dit :

    Je n’ai pas été très assidue et je suis entrain de rattraper mon retard. Je suis toujours aussi heureuse de vous lire et de suivre cette fabuleuse aventure. Vous devez vivre des moments inoubliables. Prenez soin de vous

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