• Sur les routes Thaïlandaises (partie 1)

    C’est décidément pas évident de rouler à gauche. Notre premier carrefour est un peu brouillon. On ne sait pas vraiment où regarder ni négocier la courbe proprement. On fait une grosse diagonale hasardeuse et on arrive devant les distributeurs de billets pour retirer nos premier baths.

    Le changement avec le Cambodge est brutal. Il y a moins de 2 roues mais plus de trafic et les voitures roulent vite. On voit plus de modèles différents en 10 minutes que pendant nos passages au Laos et au Cambodge réunis. Il y a des commerces, des restaurants et des cafés partout. On voit des panneaux vantant des biens de consommation et plus uniquement des partis politiques comme dans les précédents pays.

    Des photos dans les commerces ou chez les particuliers aux portraits géants le long de la route et sur les bâtiments institutionnels, le roi est omniprésent. Les mises en scènes ne manquent pas. Il pose en tenu d’apparat, lit le journal, montre la Thaïlande sur une carte, prend des photos, fait du bateau, décore des militaires, serre son fils dans ses bras, etc. C’est un peu les aventures de Martine.

    On roule depuis quelques heures et l’on est surpris du nombre de policiers et de militaires que l’on aperçoit dans des véhicules où lors de check point routiers. On n’avait pas vu ça depuis les régions du nord-ouest de la Chine.

    On se souvient alors des affiches placardées derrière les officiers à la frontière : « Good guys in, bad guys out ». Quelle finesse. On dirait une déclaration de G.W. Bush.

    Lorsque nous captons un wifi, nous avons envie d’en savoir plus et regardons ce que l’on trouve sur le net. On y apprend que la loi martiale est en vigueur depuis mai 2014 après un coup d’état des généraux. Le 12ème coup d’état depuis 1932. A cela s’ajoute 6 tentatives qui ont échouées… C’est peut-être notre itinéraire qui veut cela, puisque nous passerons devant une dizaine de base militaires avant d’arriver à Khao Yai, mais on a rapidement le sentiment de traverser un état policier.

    La population nous fait bonne impression. Même s’ils roulent vite certains nous saluent, en sortant un pouce en l’air le plus souvent. Nous sommes par contre impressionnés par le nombre de personnes obèses ou en surpoids que nous voyons.

    Le soir venu on se décide de voir si les temples Thaïlandais sont aussi accueillants que ceux des précédents pays. La première tentative est la bonne : On avait repéré une pelouse digne d’un green de golf mais un bonze nous dirige vers une autre zone du temple. On a de l’herbe, une table, des douches, de la lumière… et les moines nous amènent des bouteilles d’eau !

    On fait notre offrande en Sprite et Coca le lendemain matin avant de partir.

    La route est large, droite, sans de relief avec toujours beaucoup de voitures. Heureusement qu’il y a une bande d’arrêt d’urgence où l’on peut rouler. Il y a un peu de vent mais il fait bien chaud.

    On s’arrête en bord de route pour déjeuner. Et comme la veille on est vraiment surpris par les tarifs : c’est moins cher que dans les précédents pays. On s’en tire pour l’équivalent d’un euro par personne et c’est bien meilleur que ce que l’on avait l’habitude de manger le midi. On a noté une disparition progressive de l’usage des baguettes. Si au Cambodge on avait le choix, en Thaïlande c’est fourchette et cuillère uniquement.

    A quelques kilomètre du parc, alors que l’on croise une énième base militaire, Anaïs décide d’aller demander si l’on peut y planter la tente (La pelouse à l’air extra !). A l’entrée, le garde est un peu déboussolé. Il essaye d’appeler sa hiérarchie par talkie-walkie mais sans succès. Il décide donc d’aller se renseigner directement et en oublie presque de prendre son fusil. Pendant son absence les personnes entrent comme dans un moulin. Un gradé arrive, on lui explique, photo à l’appui, ce que nous envisageons en lui montrant un carré de pelouse. Il sourit mais refuse finalement. Tant pis.

    Faute de temple on, se rabat sur ce qui semble être un camping aux bungalows vides et en mauvais état.

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    Vers 9h, on se déleste de 800 baths (environ 20EUR) pour entrer dans le parc de Khao Yai. La route monte plutôt violement. On espère entendre, ou mieux, voir, des éléphants sauvages. On est à l’affut du moindre bruit. On y croit dur comme fer, d’autant qu’à l’entrée on nous a donné un papier expliquant comment réagir si l’on se trouve en face d’un de ces spécimens géants : « surtout ne pas descendre de votre voiture »… ils ne disent rien sur les vélos… 800m de dénivelé plus tard nous n’aurons vu que des bouses d’éléphants…et quelques singes.

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    Petite consolation toutefois en fin de journée avec les dizaines de toucans.

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    La nuit va bientôt tomber quand on remarque en contrebas de la route un énorme python. La bestiole fait plus de 4m. On (enfin Nico) s’approche prudemment pour prendre quelques photos. L’animal n’a pas l’air très vif. Et pour cause, il est mort !

    On arrive au camping qui est finalement la zone du parc la plus fréquentée par les animaux « sauvages ». 2 daims évoluent paisiblement à proximité des tentes et les singes semblent très à l’aise au milieu des êtres humains. C’est le premier vrai camping que nous faisons depuis le début de notre voyage. Ici il est possible de louer tout le matériel nécessaire, de la tente au barbecue.

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    Le lendemain matin on commence par une des rares randos du parc qui peut se faire sans guide. Toujours aux aguets, on essaie de faire le tri entre le bruits de feuilles et le reste. On verra finalement 2 écureuils géants avant de déboucher sur une belle cascade (la fameuse du film « The Beach »).

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    On reste un peu sur notre faim concernant la faune et ce n’est pas faute d’essayer puisque l’on s’installe dans la tour d’observation en fin de journée. Et toujours rien ! Cependant les paysages et l’ambiance au soleil couchant du haut de la tour sont très agréables.

    De retour au camping, alors que l’on discute avec nos voisins français, Elise et Stéphane, un couple vient à notre rencontre. C’est une bonne surprise puisqu’on les connait. Il s’agit de Nathalie et Louis, un couple de cyclos avec qui nous étions hébergés à Hanoi. On improvise un repas ensemble.

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    On quitte le parc tranquillement le lendemain. Même si l’on n’a pas vu beaucoup d’animaux on aura passé 2 jours au vert très agréables. On grimpe encore quelques côtes, dont certaines piquent un peu, avant d’entamer la grande descente vers Pak Chong. Très vite on se dit que l’on a bien fait rentrer dans le parc de l’autre côté. Dans ce sens, on freine quasiment sans discontinuer.

    On prend le train pour Ayutthaya. C’est aussi simple qu’au Vietnam quoiqu’un peu plus cher à cause des vélos.

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    Ayutthaya ne nous a pas laissé une impression géniale. Trop forte concentration de touristes à pied, en vélo, ou en éléphants, sur des sites, en ruine, qui n’ont pas un immense intérêt en fin de compte. Sans regret on prend le train de 16h30 pour Bangkok. Celui-ci nous aurait coûté 20 baths par personne s’il n’avait pas eu plus de 150 baths pour les vélos. La différence est hallucinante !

    On met environ 2h pour parcourir les 80km qui nous séparent de Bangkok. Le réseau est un peu dépassé pour ceux qui connaissent le TGV. 3 classes de wagons, les portent du trains restent ouvertes, les passages à niveau sont nombreux et il arrivent même que ce soit le train qui patiente aux carrefours lorsque l’on entre dans la banlieue de la capitale.

    L’entrée dans la ville est décidément interminable. C’est immense. Des routes larges, des autoroutes surélevées, des tours immenses côtoient des cabanes et autres bâtissent branlantes que l’on pourrait presque toucher depuis le train tellement elles sont près des rails.

    La température n’a plus rien à voir avec le parc. Là-bas, les nuit étaient fraiches si bien que l’on avait ressorti les duvets. Nous pensions que c’était lié à l’altitude, avant d’apprendre que c’était en raison d’une vague de froid qui traversait le pays. On a compris tardivement pourquoi les locaux se prenait en photo devant le thermomètre. Qu’il affiche 11°C à 1000m n’avait pour nous rien d’exceptionnel. Sauf qu’à 80 bornes de là, à Bangkok, il fait 40°C habituellement et ce soir plus de 35°C.

    On se réveille en douceur et l’on est surpris par le calme. Depuis notre chambre l’on a une vue dégagée à 180°, obstruée çà et là par des gratte-ciels. Il faut imaginer Paris avec les tours de la Défense disséminées dans tous les arrondissements de la ville. Plus de 8 millions d’habitants en ville et près de 15 millions avec la banlieue. C’est à la fois dense et aéré. Les avenues sont larges, et entre les tours et les autoroutes urbaines, il reste des espaces verts (plein de varans) et bâtiments plus modestes. Et comme les Thaïs ne klaxonnent pas ou presque pas, ça en fait un ville pas désagréable.

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    On ne prévoit pas vraiment de visiter Bangkok dans l’immédiat. On profite d’être dans une grande ville, qui plus est en Thaïlande pour compléter notre équipement, gérer un peu de logistique et réfléchir à la suite du voyage.

    Direction Décathlon dans un premier temps, dans le centre de la ville. Notre hôtel aussi a beau être dans le centre quand on regarde la carte, on réalise en route les distances qu’impliquent une ville de plus de 8 millions d’habitants.

    En fin de journée on se rend chez Sacha, un « warmshower » qui prendra soin de nos vélos pendant notre séjour dans le sud. Il est installé à Bangkok depuis plusieurs années avec sa femme et ses deux enfants. Il a beaucoup roulé en Amérique du nord, Afrique et Asie et nous donne pas mal de tuyaux. On prévoit de se faire une sortie vélo lorsque l’on reviendra.

    Quelques heures avant le départ du bus pour Phuket on réalise que notre lieu de rendez-vous ne se situe pas exactement à Phuket mais à 100km plus au nord… et pas vraiment sur la route en plus. On négocie avec notre chauffeur pour qu’il nous dépose à une intersection optimale pour poursuivre en stop. Ce dernier ne comprend pas pourquoi nous n’avons pas pris un ticket pour Khao Lak directement (parce qu’on est nul et qu’on aurait dû lire les infos)… Par chance il nous dépose à côté d’un arrêt de bus public qui nous mène à bon port 1h30 plus tard.

    Séance de « refresh » en piscine avant d’embarquer pour une croisière de 5 jours de plongée dans les îles Similans. On retrouve Sarah et Ju, Chris et Flo, les premiers amis que l’on voit depuis le début du voyage.

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    On est nombreux sur le bateau. Notre chambre pour 4 est juste un peu plus large que notre tente 3 places. Disons 50cm de plus, maximum, dans la largeur. Il faut donc s’organiser un peu !

    Le deuxième soir, c’est le grand soir : nos amis déballent le conté, le saucisson et le vin rouge. On garde le chocolat pour plus tard ! On avait emmené 2 tablettes de Lindt depuis la France pour les coups dur mais elles avaient été contaminées suite à une fuite d’essence de notre réchaud et on avait dû les jeter au Laos…

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    4 plongées par jours pendant 5 jours avec Sam, notre guide. On respecte scrupuleusement la devise du club : « eat, dive, sleep, repeat » dans un décors de rêve et un niveau de confort sensiblement différent de nos habitudes. On a la chance d’observer des requins, dont le fameux léopard, des raies, des seiches, des mérous de taille respectables, etc. dans une eau à 30°C.

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    Même si on l’avait imaginé, le retour sur terre est brutal. Les adieux se font en vitesse car nos amis ont un transfert qui les attend pour la suite de leur voyage. De notre côté, on nous informe que l’on vient de rater le dernier bus de la journée pour Surat Thani d’où on est sensé prendre le train pour Bangkok. On fait du stop alors que la lumière décline et on n’a peu d’espoir de parcourir ainsi les 200km qui nous séparent du dernier train qui part à 23h.

    Dire qu’il y a encore quelques heures on se mettait les pieds sous la table et on nous aidait à mettre notre combinaison et même à enfiler nos palmes !

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One Responseso far.

  1. Alice dit :

    ce qui est agréable, c’est qu’on lit votre histoire comme un bouquin, on attend toujours de pouvoir lire le prochain chapitre 🙂
    Votre session plongée donne bien envie, contrairement à votre manque de chocolat;
    Si vous connaissez un de vos prochains stops, je vous fait livrer du chocolat japonais, pour votre culture évidemment!

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