• Birmanie (partie 1)

    A la frontière Birmane, on a droit à la question fatidique : « où allez-vous ? », on répond « en Birmanie », ça semble être la réponse attendue ! On nous demande de remplir un document avec notre état civil, notre adresse dans le pays, etc… Une personne vérifie les données avec celles de nos passeports et nous rend le tout. On s’embrouille un peu les pinceaux et Nico se retrouve avec le passeport d’Anaïs et le questionnaire qu’il a rempli. Il tend le tout au militaire chargé de vérifier nos passeports et nous prendre en photo. Belle vérification du coup, car il a le questionnaire de Nico, le passeport d’Anaïs… et il prend une photo de Nico ! Il rend ensuite le passeport (d’Anaïs) à Nico, avec un air très sérieux ! Le même cafouillage se produit pour Anaïs. Bref, on rentre en Birmanie !

    Le changement est assez brutal. Les hommes ici portent le longy. Les femmes mettent du Thanaka sur le visage (poudre jaune). Quelques femmes mais surtout les hommes chiquent à longueur de journée. Ils ont la bouche rouge et les dents qu’ils leur restent après quelques années de mastication sont dans un sale état. Les rues sont poussiéreuses, sales. Beaucoup de plastiques par terre. Ca nous choque surtout après plusieurs semaines en Thaïlande, mais ce n’est pas pire que les autres pays traversés. Il y a beaucoup de 2 roues et le klaxon est utilisé à tout va ! Les maisons sont très sommaires et le toit souvent fait de feuilles.

     

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    Au bout d’une vingtaine de kilomètres, nous avons le choix entre la nouvelle « autoroute » ou l’ancienne route qui reliait Mae Sot à Krawkriek jusqu’à l’an dernier. Nous choisissons l’ancienne route sur les conseils de Yun, notre ami Thaïlandais. La route n’est presque plus empruntée, et tant mieux car elle n’est pas très large. Lorsqu’elle faisait office de route principale, la circulation était alternée : les jours pairs on pouvait la prendre dans un sens et les jours impairs dans l’autre.

     

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    Pendant la journée, nous sommes arrêtés à quelques checkpoints et nous voyons pas mal de militaires. On croise aussi quelques travailleurs occupés à rénover la route. Les moyens à disposition sont sommaires. Masse, pour casser des gros cailloux et en faire du gravier puis du sable, une bétonneuse, comme l’on trouve chez Castorama, pelles, balais, bidons de goudrons qui chauffent sur un feu et un espèce d’arrosoir pour le répandre sur le sol. Leur employeur s’est peut-être occupé de les loger : quelques bouts de bois et une bâche forment un bon dortoir, et des grosses casseroles sur des braises en guise de cuisine.

     

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    Le soir venu, on essaye de trouver un coin pour camper à l’abri des regards 10 km avant Krawkreik, sur les conseils de Yun. Il est interdit de camper en Birmanie, mais nous avons rencontré quelques cyclos qui l’ont fait sans rencontrer de problèmes.

    Nous repérons un endroit à l’écart de la route sur un terrain pleins de buissons. Le soir et pendant la nuit nous entendons des tirs et des explosions plus ou moins près de nous. Nous passons la nuit pas vraiment tranquilles. Le lendemain, sur la route, nous croisons des personnes en scooters et des militaires aux check-points qui nous saluent comme s’il ne s’était rien passé.

    Le matin on prend notre petit déjeuner à Krawkreik.

     

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    Nous roulons un peu plus de 100 km pour nous rendre à Hpa-An. Au début, la route est assez vallonnée et sans grand intérêt. Nous longeons des champs de caoutchouc. La température est bien plus élevée que lors de nos derniers jours en Thaïlande. Vers midi, le goudron fond, colle à nos roues et nous ralentit. Les 30 derniers kilomètres, en fin de journée, sont plus agréables. On rentre dans une zone karstique, et les paysages sont plus verts.

     

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    Après une bonne nuit, dans un des hôtels de la ville autorisé pour les étrangers, nous décidons de monter au mont Zwegabin, situé à 750 mètres d’altitude au sud de Hpa-An. La vue est très sympa mais limitée par une brume grisâtre que l’on observe tous les jours du matin au soir.

     

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    Le lendemain nous partons pour Moulmein, à 60 km plus au sud. Les routes birmanes sont souvent ombragées par de grands arbres ce qui est très appréciable par cette chaleur. Nous passons devant un groupe d’élagueurs qui demandent à être pris en photo. Cette photo illustre bien que différentes ethnies vivent en Birmanie.

     

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    Sur le chemin, nous croisons un coréen en vélo qui se vautre en nous saluant. Anaïs joue l’infirmière tandis que celui-ci nous raconte qu’il est à la retraite et qu’il est venu 14 mois faire du bénévolat dans une université. Il se rend pour le week-end dans la famille de son ami Birman, un ancien champion d’haltérophilie. On se demande si on a bien compris au vu du physique de l’intéressé. Saisissant notre scepticisme (il est plus petit qu’Anaïs et pas vraiment plus costaud), il nous mime ce que l’on aurait dû comprendre… soit.

    Arrivés à Moulmein, nous cherchons un restaurant. Nico voit une terrasse, s’approche, mime pour savoir si l’on peut manger. On nous répond que oui, et un couple nous invite à leur table. On s’assoie. Bizarre, tout le monde mange le même plat. On se rend alors compte qu’on est dans un mariage ! On va donc saluer les mariés puis on se met à table. On profite du départ des personnes de notre table, une demi-heure après, pour nous éclipser à notre tour.

     

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    En fin d’après-midi nous allons visiter la pagode qui surplombe la ville.

     

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    Sur notre chemin pour la gare, nous passons devant une mosquée et des églises, vestiges de la colonisation anglaise. La ville est calme et l’on s’y sent bien. Il y a de la végétation partout.

    La gare est un grand bâtiment, vide, visiblement coutumier des coupures de courant puisque personne n’a vraiment eu l’air surpris lors de la première, vers 19h. Certaines pièces semblent désaffectées, on y voit des vieux groupes électrogènes au milieu de déchets en tout genre. On longe les rails sur 200 ou 300 mètres pour aller payer le supplément pour nos vélos dans une baraque isolée, éclairés par une lampe de poche, avant de revenir devant la gare les charger dans le wagon. La logique de l’affaire ne nous a pas sauté aux yeux.

    On s’installe en « upper class » pour 11 heures de trajet jusqu’à Yangoon. On place nos sacoches sur les portes bagages au-dessus de nous et de nos voisins. Ces derniers se retournent et nous regardent avec un air anxieux. Le train démarre. Vitesse de croisière entre 16 et 18 km/h pour quitter la ville. Il semble que les rails de droite et de gauche ne soient jamais à la même hauteur et qu’il y a un décalage de quelques centimètres en hauteur à la fin de chaque rail. Par intermittence, soit on a l’impression de faire du cheval soit d’être en mer en plein roulis. On comprend vite pourquoi nos voisins étaient anxieux d’autant qu’on réalise que l’on est les seuls à avoir placé nos sacs sur les portes bagages.

     

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    Toute la nuit, des vendeurs ambulants, principalement des femmes qui portent leur marchandise sur la tête, passent dans les wagons.

    En sortant du train, on se sent un peu flagada, comme si on venait de passer 11h dans un manège. Surtout Nico, dont le dossier s’inclinait bien mais ne se bloquait pas et faisait que monter et descendre en accord avec les mouvements du train. Vraiment l’impression de faire le trajet à cheval.

    L’atmosphère de Yangoon au lever du soleil est étrange. On dirait une ville abandonnée, seulement occupée par des squatteurs, des chiens et des corbeaux.

    On se trouve un hôtel pas très cher, et donc plutôt insalubre : L’immeuble penche, les sanitaires sont cassés, la tuyauterie n’est pas terminée, les chambres ne sont pas très propres, et on voit un rat se balader au 6eme étage, dans notre couloir. Si le coût de la nourriture est très bon marché en Birmanie, ce n’est pas le cas de l’hébergement, dont la propreté n’est pas toujours à la hauteur de nos attentes. Mais tous les hôtels ne sont pas autorisés à accueillir des touristes, et ceux qui le peuvent en profitent. Pour ce taudis on a payé 15USD, soit 3 fois plus cher qu’à la Baie d’Along !

    On se rend directement à l’ambassade d’Inde pour y faire nos visas. Apres quelques temps d’attente, on est recalé car Nico n’a pas écrit son deuxième prénom sur le formulaire électronique. Il faudra revenir demain.

    On passe le reste de la journée à se promener dans la ville. L’ambiance y est très particulière. Il y a beaucoup d’immeubles qui datent de la colonisation et qui n’ont pas été rénovés. On y voit aussi des bâtiments neufs et modernes en construction. Il y a beaucoup de vendeurs et de stands de rue. La ville est assez sale, mais les habitants font généralement attention à leur tenue vestimentaire, surtout les femmes qui ont de jolis chemisiers assortis à leur jupes.

     

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    Les deux roues à moteurs sont interdits dans Yangoon depuis quelques années. Le taxi le plus commun est un vélo avec un genre de side-car.

     

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    En guise de boite aux lettres, les habitants de Yangoon laissent pendre de leur fenêtre une corde avec une pince à l’extrémité.

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    Le lendemain, une fois nos passeports déposés à l’ambassade, nous revenons à l’hôtel. Gastriquement c’est un peu complexe pour Nico depuis le milieu de la nuit. Il a eu en plus la mauvaise surprise de constater qu’il n’y avait plus d’eau à l’étage. En se rendant à la première heure à la réception Anais comprend qu’ils coupent la pompe le soir : elle fonctionne à l’essence et fait un boucan d’enfer ! La sortie à l’ambassade n’est donc pas une partie de plaisir pour Nico. On est de retour à l’hôtel avant midi et on profite de notre chambre miteuse pour se refaire une santé.

    Le lendemain, c’est au tour du colon d’Anaïs de faire des siennes, rebelote, on passe la journée à se reposer. Le soir on visite la pagode Swedagon. Nico se fait prêter un « longy » pour couvrir ses genoux. Oui c’est une jupe en effet. Vêtus comme les locaux, on peut profiter de l’immense lieu de culte. A son sommet, il y a un nombre considérable de pierres précieuses, quelques milliers de carats, mais qui ne sont pas visibles depuis le sol. Très utile.

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    Le jeudi, cela va à peu près pour nous deux et nous décidons d’aller faire un tour de vélo dans le delta, au sud de Yangoon. On passe devant des enfants qui s’amusent dans une étendue d’eau boueuse.

     

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    Le soir, nous dinons avec Fabrice, un cyclo en court séjour, qu’on avait rencontré à Moulmein.

    Le vendredi après-midi, nos visa indiens sont enfin prêts et nous pouvons quitter la ville étouffante de Yangoon.

    On prend un premier train de nuit pour Thazi.

    En sortant de la ville il y a beaucoup de vie le long des rails : les gens marchent, les enfants jouent, le linge sèche, entre les voies, à même le sol.

     

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    Nous sommes en wagon couchette et avons un compartiment que pour tous les deux. Comme dans le train précédent, cela bouge beaucoup, et pendant la nuit, il n’est pas rare que notre dos ne touche plus le matelas.

     

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    A Thazi on patiente 2h avant de pouvoir prendre le train suivant pour le lac Inle. 150km. En 10h. On n’y a pas vraiment cru nous non plus au moment d’acheter le billet. La locomotive diesel mène le train autour de 25km/h sur la première partie puis la vitesse diminue lorsque l’on attaque l’ascension. 1000m de dénivelé environ. Inutile de préciser que ça remue pas mal, même si le contrôleur nous a assuré du contraire lorsqu’il a décidé de charger les vélos à côté de nous dans le wagon passagers et non pas dans le wagon cargo.

    Il est 16h lorsque l’on arrive à la gare et on fonce à la recherche d’un endroit isolé pour planter la tente. Il va falloir que l’on récupère de ce voyage !

One Responseso far.

  1. LE GOAL Maryline dit :

    Belle la chemise, Nico, vive la couleur !
    Bizh, Maryline

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